09 mai 2008

Ateliers de yoga

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06 mai 2008

Histoire du yoga en Occident

par Marc-Alain DESCAMPS

 

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En France.

1795, fondation de l’Ecole des Langues Orientales
1815 la première chaire de sanskrit en France est ouverte au Collège de France pour M. de Chezy
1848-1851 première traduction du Rîg-Véda par Langlois
1852 Barthélémy Saint-Hilaire traduit la Sâmkhya-kârikâ
1861, traduction française de la Bhagavad-Gîtâ directement du sanscrit par Emile Burnouf
1867 le Mahâ-Bhârata par Hippolyte Fauche
1891 l’Atharva-Véda par Victor Henri
1900, Emile Sénart traite de "Bouddhisme et Yoga"
1903 " De l’entrainement physique dans les sectes yoguistes " Revue Anthropologique, sous le nom de "Murial Alex", pseudo d'Alexandra David-Neel (de connaissance que livresque)
Puis viennent les traducteurs : Bergaigne, Sylvain-Lévi, La Vallée-Poussin, Emile Sénart, Burnouf, Grousset, Masson-Oursel, Louis Renou, A-M. Esnoul, Olivier Lacombe, Jean Marquès-Rivière, Alain Daniélou, Lilian Silburn, Tara Michael, André Padoux, Alain Porte, Jean Papin, Michel Hulin …
D’autres font connaître les Yogis contemporains comme Romain Rolland, René Guénon, Jean Herbert … En particulier Jean Herbert (1897-1980), dès 1935, a fort à faire pour faire admettre que le yoga et l’Hidouisme sont vivants et que leurs éminents représentants peuvent prendre place parmi les phares de l’humanité : Ramakrishna, Vivekananda, Aurobindo, Mère, Ramana Maharshi, Ma Ananda Moyi, Ramdas, etc.
Les premiers livres sur le Yoga paraissent en 1907 Bosc, 1915 Michel Sage, 1936 Mircéa Eliade, 1935 Chakraborty, 1951 A. Daniélou, 1953 Revue Les Cahiers du Sud …
Enfin paraissent les textes fondateurs du Yoga et du Hatha-Yoga : Yoga-Sutra (Wood 1914 en anglais / en français 1953, Michel Sage 1915, Taimni 1961, Varenne 1981), Hatha-Yoga Pradipika (1893/1974), Ghéranda-Samhita (1980 /1992), Shiva-Samhita (1942/), Shivayogaratna 1975, Kundaliniyoga 1979, les Upanishads du Yoga 1971, Sept Upanishads 1981 …
 
(...) 

Extrait 2

En 1938 Lanza del Vasto (1901-1981) rentre des Indes et fait partout son récit de voyage qui paraîtra en 1943 sous le titre " Pèlerinage aux sources ", avec un succès énorme. Dans ses conférences il prêche la non-violence (ahimsa) et la force du vrai (satyagraha) de Gandhi et fonde son Ashram, la communauté de l’Arche, où il a enseigné du hatha-yoga, selon J.B. Libouban, son successeur.
En 1935 Thérèse Brosse, jeune cardiologue, avec l’aide du Dr. Laubry obtient une mission d’études aux Indes pour mesurer des Yogis à l’électrocardiomètre, au pneumographe, etc. elle y revient en 1952 et 1958.
Maryse Choisy (1903-1979) était en 1922 chez Tagore et en 1952 avec T. Brosse puis chez Sivananda. Elle est la seule à enseigner la méditation yoga à Paris (voir Rencontres avec des femmes remarquables)
Nil Hahoutof (Youri 1900-1982) m’a dit avoir fait d'abord de la danse puis du cirque et rencontré un Hindou (Hyran Moy Chandra Gosh) qui lui aurait appris le yoga dès 1925 et il aurait enseigné pendant la guerre dans une école privée pour enfants handicapés près de Montpellier.
En 1947 Shri Ghatradyal Mahésh, venu travailler à l’Ecole Nationale des Sports au bois de Vincennes, ouvre un cours de Hatha-Yoga, 50 rue Vanneau Paris 7ème, sous l’égide du Dr. Filliozat, Professeur au Collège de France, du Professeur Creff ... J’ai participé aux premières séances où il enseignait la Salutation au soleil, puis j’y suis revenu plus tard avec le Dr. Frédéric Leboyer, Arnaud Desjardins, Marie-Madeleine Davy, Xavier Emmanuelli, etc.
Le 26 février 1950 il donne une conférence sur le Yoga dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, présenté par le Dr. Dolto et Françoise Dolto (ses parents adoptifs) et Swami Siddeswarananda du Centre de Gretz de l’Ordre de Ramakhrisna et il fonde le CRCFI (Centre de Relations Culturelles Franco-Indien).
En 1949 le Dr. Bex présente le Yoga dans la Revue de Kinésithérapie.
En novembre 1950 deux Indiens, le Dr. Goswami et son élève Pr. Pramanick de l’Institut de Stockholm, viennent à Paris donner une Conférence-démonstration à la Sorbonne, puis formèrent Liliane Siégel.
Vers 1950 aussi le Hatha-Yoga est enseigné à Zurich et Genève en Suisse par un jeune hindou Selvarajan Yésudian. Ancien boxeur, il écrit avec Mme Haich un livre à succès " Sport et Yoga " avec des photos de postures.

En 1950 Lucien Ferrer (1901-1964), élève de Kerneiz, ouvre 24 rue Feydeau, puis 21 rue d’Uzès, l’Académie occidentale de Yoga, où je suis les cours jusqu’à sa mort en 1964. Ayant jusqu’à 500 élèves, bien des cours étaient assurés par des moniteurs dont Yvonne Millerand, Huguette Pinson, Roger Clerc et quelques autres. Ferrer fait connaître le yoga par des conférences et des démonstrations. Une des premières fit sensation, le 3/12/1950 Salle de Géographie bd St-Germain, car il monte sur la table se met en équilibre sur la tête et fait sa conférence pendant une heure sans perdre son équilibre et sans se fatiguer à parler la tête en bas. En tant que Catalan né à Banyuls, il fera exactement pareil à Perpignan le 28 mai 1954, invité par François Brousse. Mais c’était d’abord un guérisseur qui avait un don et qui n’est venu au yoga que secondairement pour se recharger en énergie. Lui parlait de Yoga tibétain, mais semblait avoir appris l’essentiel dans le livre de Evans-Wents … Après sa mort l’Académie sera dissoute et son enseignement continué par sa fille Jacqueline Bignon et surtout par Roger Clerc (1908-1998) sous le nom en 1978 de " Yoga de l’Energie " avec les succès et les développements que l’on connaît.
En 1953 Philippe de Méric (1914-1991), élève de Kerneiz, ouvre un cours Yoga par correspondance, le Dynam-Institut. C’est un peu comme si l’on voulait enseigner la boxe par correspondance, mais malgré tout, cela a eu beaucoup de succès et a rendu le Yoga célèbre. Puis ceux qui en voulaient plus sont passés par la suite dans des cours avec un professeur de yoga.
En 1956 Louis Frédéric fait paraître Yoga-Asanas avec des photos des postures de Vishnoudévananda à Rishikesh. Et le Père Déchanet (1906-1992), moine bénédictin, pratique du yoga nudiste, publie " La voie du silence " en 1956 et fonde un groupe de " yoga chrétien " dans l’Isère en 1964.
A partir des années 60 c’est l’explosion des livres, revues, cours et publicités. Les clubs de yoga fleurissent à tous les coins de rue. Eva Ruchpaul et Georges Coulon entraînent l’équipe française de ski. Pousson et Huard rendent compte de recherches physiologiques sur le Yoga dans le Concours médical du 04/01/1960. Leurs recherches sont continuées par Henrotte, Etévenon, Lonsdorfer, Gastaut, etc. En 1963 André Van Lysebeth (1919-2004), de retour à Bruxelles de chez Swami Sivananda de Rishikesh, lance sa revue " Yoga ".

Les voyages aux Indes. Alors commencent les voyages aux Indes pour se former à la source. Tout le monde se met en chasse pour " sauver le précieux héritage ". Dans les années 1950, il semble que tout l’enseignement du Hatha-Yoga remonte principalement à deux sources, l’une au nord l’autre au sud. Bien entendu il y avait quantité de Saddhus, Sannyasins, Sikhs, Jaïns qui pratiquaient aussi du Hatha-Yoga, mais ils ne voulaient pas l’enseigner, ni même le reconnaître. La principale source se trouve à Rishikesh, là où le Gange sort des gorges de l’Himalaya. Dans cette ville sainte Swami Sivanada Sarasvati (1887-1963) vient en 1924 de fonder un ashram (Yoga Vedanta Forest Academy) après avoir fait sa carrière comme docteur à Malacca. Il réunit autour de lui une vingtaine de Swamis qui vont après essaimer partout dans le monde. Swami Chidananda, le saint estimé de tous, garde la direction de l’ashram après la mort de Sivanada. Satchitanada, après bien des voyages, s’installera aux USA en Virginie. Shankarananda fondera un ashram en Afrique du Sud. Satyananda (1923-), avec une mère tibétaine, est influencé par le Bouddhisme et rassemble partout des techniques tantriques, ce qui donnera un enseignement un peu particulier (Yoga-nidra, Mauna, Chidakhasha dharana, les 70 kriyas ). Puis en 1963 il fonde une université du yoga à Monghyr dans le Bihar (Bihar Yoga Bharati) avec ses disciples Yogamudrananda, Yoganidrananda et Niranjanananda. Swami Hridayananda était une doctoresse indienne ophtalmologue qui dirigeait le dispensaire gratuit. Les deux spécialistes des postures étaient Vishnou Dévananda (1927-1993) et Râj Bua. Le premier sera le modèle unique du livre Yoga-Asanas, puis il fondera des ashrams à Valmorin au Canada, aux Bahamas, aux USA, au Kérala, au nombre de vingt-cinq et lance une campagne mondiale pour la paix en 1970. Subramanya Râj Bua (le Roi des Anges) n’était pas swami car il avait eu une femme et trois enfants. Tenu pour mort à 8 ans, son corps avait été donné à un saddhu de passage qui l’avait réanimé par le Yoga. Je l’ai reçu à Paris, travaillé avec lui et mesuré ses progrès de 70 à 90 ans par des photographies et il a continué à faire des postures parfaites jusqu’à 104 ans. Combien d’Européens sont allés se former à Rishikesh comme André Van Lysebeth, Maryse Choisy, Robert et Suzanne Chauvel, Eveline Grieder …
L’enseignant du Sud est T. Krishnamâcharya (1888-1989), professeur de Yoga du Maharaja de Mysore, alors établi à Madras. Il a eu comme élèves Patabhi Joïs, Indra Dévi, Thérèse Brosse, Jean Klein, Gérard Blitz, Yvonne Millerand … Le frère de sa femme B.K.S. Iyengar a commencé à enseigner le Yoga à Poona en 1937 à 19 ans. Puis ses deux fils enseigneront à leur tour T.K.Sribhashyam à Nice et T.K.V. Désikachar en Europe avec le Viniyoga.
Certes, il y avait d’autres enseignants comme Patabhijoy à Mysore, Dhirendra Brahmachari (1925-1994) à Delhi, Satchidananda le Muni de Madras, Kumara swamiji, Swami Chinmayananda, etc. Mais la plupart des enseignants européens se sont d’abord formés à Rishikesh ou à Madras. Certains cependant ont eu aussi des contacts avec l’Institut de recherches scientifique du Yoga (Kaivalyadhama) fondé à Lonavla par Kuvalayananda de 1924 à 1934 avec sa revue Yoga-Mimamsa, puis qui s’est continué après sa mort avec Digambarji et le Dr. Bhole. Le célèbre Swami Muktananda (1908-1983) n’a été connu mondialement qu’en 1974 par la prise spontanée de postures lors de la montée de la Shakti en donnant Shaktipat.
Après dix voyages aux Indes j’ai pu décider à venir en France en 1981 le représentant de la lignée du Kriya-Yoga de Yogananda, Swami Hariharananda Giri du Karar-Ashram de Puri en Orissa avec son disciple Shankarananda de Bhubaneshwar. Et il a pu donner les initiations védiques de la lumière (Jyotir), du son (Nada) et de la vibration (Spanda).

La crise qui va éclater a plusieurs causes. La concurrence commence à se faire plus dure et certains veulent se préserver un marché national. Commence à apparaître l’idée que l’on peut former des professeurs de yoga à la pelle. On veut inventer un " yoga occidental " bien différent de celui de l’Inde. D’autres parlent d’une reconnaissance étatique ou d’un contrôle gouvernemental et rêvent d’une exclusivité et d’une hégémonie suprême, ou s’en accusent les uns les autres. La lutte va démarrer essentiellement sur des procès d’intention et un manque de confiance. Et il va arriver au yoga européen, ce qui est arrivé au christianisme : l’explosion en une multitude d’églises, de chapelles et de groupes, mais cependant sans les guerres de religion.

Les Fédérations. L’union fait la force, d’où les fédérations. Elles se succèdent et se multiplient en durant plus ou moins longtemps. La première est la " Fédération française de Yoga sous contrôle médical " parue au J.O. du 12 janvier 1967. La " Fédération française de Yoga " le 14 juillet 1967 devient le 8 janvier 1968 la " Fédération Nationale des Professeurs de Yoga ". La " Fédération française de Hatha-Yoga et disciplines associées " est fondée à la même époque par le Dr. Creff et Shri Mahesh. La " Fédération culturelle de Yoga " est fondée par Jean Rousseau, directeur de l’Institut de Yoga intégral. Puis vient la FIDY (Fédération Inter-enseignements de Hatha-Yoga) en 1980, etc.
Les fédérations fondées, il reste à obtenir l’exclusivité de la formation, comme c’est de règle en France pour une seule Fédération sportive. En attendant on peut obtenir un agrément d’un ministère, ce qui semble être un premier pas. La Fédération Mahesh est la première à avoir un agrément le 24 décembre 1969. L’Institut Eva Ruchpaul obtient le sien peu après et la FNPY le 6 février 1970.
Puis vient un énorme canular. Le Secrétaire d'état à la Jeunesse et aux Sports sollicité dit ne pas savoir ce qu’est le Yoga et nomme en 1972 une Commission pour en faire une étude scientifique. Puis il l’oublie et la Commission autour du Dr Bourlière continue ses réunions par plaisir, à la grande fureur des professeurs de yoga qui en sont tous exclus pour ne pas faire de jaloux. Dès le début j’ai fait partie de cette commission, dont le seul résultat a été un rapport mis dans un tiroir et finalement le livre écrit par un autre de ses membres le Dr. Bernard Auriol de Toulouse. Les professeurs de yoga occidental réclamaient une reconnaissance et un statut. Puis une fédération a créé " l’Union européenne de Yoga " et l’autre a suscité la création d’une Confédération des fédérations. J’ai longtemps fait partie des deux fédérations pour essayer de garder un lien et de les unir et en plus j’ai longtemps participé aux activités de la Confédération présidée par Mme. Maud Forget (1908-2004) du Cercle du Védanta, puis de l’Ecole normale de Yoga de Boulogne-Billancourt. Son travail le plus efficace a été la création du Programme minimum européen, finalement adopté sans trop de variations par toutes les autres Fédérations.
A coté de ces Fédérations sont apparus des mini-fédérations ou Groupes : Centre européen de yoga de Rishi, Université nationale de Yoga d’Alaphilippe, de B.K.S. Iyengar, Viniyoga de Désikachar, de Satyananda (DEPS de Swami Devatmananda), de Babacar Khane, Soleil d’Or d’Ajit Sarkar en 1977, RYE (Recherche sur le Yoga dans l’Education), la maison du Yoga (Mathieu), le Centre Tapovan de Kiran Vyas, de Shri Chinmoy (dès 1964), Arnaud Desjardins, Maurice Daubard, René Bouanchaud, Nils Daum, la Maison Amrita…
Puis est apparue la Fédération des Yogas Traditionnels et sa revue " Linga ". Avec Christian Tikhomiroff, elle a grandi jusqu’à rencontrer les mêmes problèmes que les grosses fédérations. Puis pour les éviter, elle est revenue, avec André Riehl, à une structure légère et souple, comme la Confédération.
Ces fédérations ont créé leurs écoles de formation des professeurs dans chaque région de France, de une à une douzaine par fédération. Ainsi pendant plus de 15 ans ces écoles ont produit (selon mon évaluation) environ 500 professeurs de yoga par an, sans aucune concertation, en saturant complètement le marché.
Finalement la reconnaissance du statut de professeur de yoga a été obtenue de fait 20 ans après et de façon catastrophique, par l’obligation d’un impôt de TVA sur chaque cours ou leçon de yoga. Ceci a fait disparaître la moitié des enseignants, car même les cours bénévoles étaient taxés. Bien des écoles de formation de professeurs de yoga ont du fermer et les autres ont vu leurs effectifs sérieusement diminuer. La mode du Yoga en France a donc duré 20 ans de 1965 à 1985. Puis elle a été remplacée par d’autres modes (Taï-chi, Sophrologie, Taoïsme, Chamanisme, Stretching, Aérobic, Fitness et surtout Reiki, etc.). Maintenant les opposants du Yoga disent partout (même à la T.V.) que si le yoga n’est pas une secte, il est l’antichambre des sectes.
Le dernier avatar de cette invention du " yoga occidental " est dans sa forme américaine de capitalisation, commercialisation et mondialisation. Depuis la Californie ou les USA sont déposés (registered) tous les ans de nouveaux systèmes de gymnastique occidentale, mélangés ou non de bribes de yoga, sous des noms protégés comme " power-yoga ", " sphurana-yoga ", "Ashtanga-Yoga", « Bikram-Yoga », « Swasthya-yoga » etc. Il est désormais interdit dans le monde entier d’enseigner ces systèmes sans avoir été longuement et chèrement formés par le fondateur américain, sans porter son uniforme et sans lui reverser de grosses royalties, etc.

Les causes de la discorde. Il n’est pas aisé de discerner les raisons de ces divisions, car les causes sont dissimulées et enchevêtrées dans un ensemble assez complexe. Certains vont parler de retour dans l’égo, de personnalités narcissiques, de querelles religieuses d’un autre âge, etc. On pourrait dire aussi qu’il s’agit de l’invention d’un " yoga occidental " en opposition à celui de l’Inde. (Mais il n’y a pas eu cette lutte entre un judo européen contre le judo japonais). Les différences sont souvent ténues, il s’agit d’un état d’esprit avec beaucoup de procès d’intention. Certains enseignants européens ont refusé la prééminence de l’Inde et tout contrôle médical. Ils ont développé le coté scientifique en ajoutant dans leurs écoles beaucoup d’anatomie et un peu de psychologie. Ils ont surtout été allergiques à la présence des Swamis se moquant de leurs travers (supposés ou réels). Ils n’ont pas pu admettre la spiritualité du Yoga et la sainteté des Etres réalisés de l’Inde. Ils ont beau jeu de critiquer les quelques excès d’ashrams devenus des sectes (dont celui de Rajnesh à Poona ou de Hamsananda à Castellane). Et les autres peuvent critiquer la diffusion universelle du nouveau " gnagna-yoga ", gymnastique douce pour riches dames désoeuvrées luttant contre la cellulite et l’ennui. Pour les uns c’est la place de la religion chrétienne qui fait problème : le yoga ne serait qu’un adjuvant à la prière, en remplaçant le prie-Dieu. Alors que pour les autres il s’agit de TAT, Cela, le Transpersonnel, antérieur à tous les dieux personnels et à toutes les guerres des religions hégémoniques. Finalement les uns ne voient dans l’Inde que ses défauts (et ils sont nombreux) alors que les autres l’aiment quand même ou aiment encore plus Mother India. Pour les uns ceci recouvre la persistance de la mentalité colonialiste raciste contre les Indiens, alors que pour d’autres il s’agit par dessous d’une guerre de religions (12 millions d’Indiens convertis par les missionnaires chrétiens contre moins de 10 européens devenus Hindous) …
Ceci avec parfois des retournements de situation. Des Occidentaux invitent des Yogis et des Swamis en Europe. André Van Lysebeth ouvre en 1965 puis les 8 et 9 décembre 1967 à Bruxelles les Premières Journées internationales du Yoga avec Swami Satchitananda et Dev Murti, etc. Son élève Jean-Pierre Radhu veut faire mieux en organisant en juin 1969 la première Foire du Yoga à Saint-Symphorien près de Mons Belgique, dans l’immense parc de Mme. De Priches. Ce fut une rencontre extraordinaire, inoubliable avec tous les grands enseignants de Yoga venus des Indes et du monde entier, mais il n’y eut pas de seconde rencontre. Gérard Blitz (1912-1990), fondateur du Club Méditerranée puis Secrétaire de " l’Union européenne de yoga ", organise du 2 au 9 septembre 1973 une semaine à Zinal en Suisse consacrée au Yoga où il invite les grands conférenciers du moment et quelques Swamis et Hindous. Ils instauraient une ambiance sacrée bien différente des frivolités occidentales. J’ai participé aux dix premières années, puis j’ai présidé en 1991 le dernier Zinal au Club Méditerranée, consacré à " L’Ame et le corps " avec Swami Yogamudrananda. Là plus qu’ailleurs se sentait le clivage entre les amoureux de l’Inde et du Yoga spirituel et traditionnel face à leurs opposants.
Finalement il semble pour le moment que le Yoga ait échappé au piège de l’hégémonie, du pouvoir étatique et de l’enseignement officiel dans l’unique école nationale. Il a gardé sa liberté, sa diversité et sa multiplicité. Chacun finit par trouver en son temps la forme de Yoga qu’il cherche et qui convient à son degré d’évolution du moment ou niveau de sadhana. Et c’est très bien ainsi. Encore faut-il avoir une vue des différentes possibilités.

(...)

Extrait 3

3. Les méthodes d’enseignement du Hatha-Yoga.

Un autre sujet de surprise et parfois d’opposition est la différence des différentes méthodes d’enseignement du Yoga. Curieusement rien n’a encore été écrit à leur sujet. Je ne vois pour ma part aucune opposition dans cette multiplicité. Il y a bien des voies et des chemins d’accès. Le monde du Yoga est immense, colossal et tout ne peut être donné à la fois. L’essentiel est le but que l’on se propose, en se centrant sur le principal. Mais en général il n’est pas explicite ni même conscient chez les fondateurs des méthodes. Pourtant il peut être déduit clairement des préceptes et méthodes. Les différences peuvent porter sur les cours collectifs ou individuels, le fait que l'enseignant montre la posture ou non, parle pendant le cours ou non, touche ou non les élèves, instaure une progression dans les postures de la séance avec pose/contre-pose ou non, ne fait faire que des postures immobiles ou au contraire des mouvements/enchainements, apprend les posture ou fait pratiquer le yoga, insiste sur le corps ou sur l'âme (Atman) .
Par exemple, en voici quelques unes, telles que j’ai cru les comprendre au moment où elles sont apparues et où je les ai rencontrées vers 1960 (et non pas telles qu’elles sont maintenant).
 
(...)
 
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En savoir plus sur Marc-Alain Descamps  et ses écrits 

17 avril 2008

Eveil

1242003860.2.jpgOn demandait à Bodhidharma : « Où se trouve le lieu de l'éveil? » et il répondit:

  « Le lieu où l'on marche est le lieu de l'éveil, le lieu où l'on est cou­ché est le lieu de l'éveil, le lieu où l'on est assis est le lieu de l'éveil, le lieu où l'on se tient debout est le lieu de l'éveil. Lever ou abaisser le pied, tout cela constitue le lieu de l'éveil. »

Le Traité de Bodhidharma

27 mars 2008

Solidaire

Solidarité avec le Tibet :
 
(Comme Soeur Anne,
ne laissez point votre souris dans ce cadre sous peine de ne rien voir venir,
hormis l'herbe qui verdoie et la route qui poudroie...
Pour immobiliser le défilement, placez la souris dans le cadre, c'est magique...)
 
 


Objectif Tibet: blog sur Blogspot

Objectif Tibet.org

Tibet-info.net


Free Tibet - pour un Tibet libre - signez la pétition internationale "thepetition.eu"

Avaaz.org: Tibet end the violence

Association Paloise pour l'Art et la Culture du Tibet

14 mars 2008

Ateliers de yoga

 
Le thème de l'atelier de yoga  du 5 avril est fixé:

Bon pied, bon oeil!

 

 
 
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12 mars 2008

Méditer

Il existe de nombreuses méthodes de méditation. Nous étudierons ici seulement trois techniques au choix:« observer » la respiration, utiliser un objet et réciter un mantra.
 

1. « Observer » la respiration.

Cette technique calme l’esprit et le discipline tout en l'apaisant.
Fixez tout d'abord votre attention sur le souffle sans le modifier. Puis essayez de percevoir le trajet de l'air à l'inspir et à l'expir. Vous commencez par les narines, puis vous suivez le trajet de l'air dans l'arrière-nez, la gorge, jusque dans la trachée, puis dans les bronches, le plus loin possible dans les poumons. Vous vous concentrez sur ce trajet en sens inverse durant l'expiration.
Vous accorderez une attention toute particulère à la vie qui pulse plus fort dans l'ensemble du corps à l'inspir et à la détente qui s'installe à l'expir. Laissez faire l'intervalle qui s'imposera de lui-même à la fin de l'expir, l'inspir se faisant d'elle-même.

Au fur et à mesure que vous progresserez, vous pourrez affiner vos perceptions et développer vos ressentis.
Durant la pratique, vous veillerez à ne pas vous laisser entraîner à aucun commentaire mental, aucune analyse ou aucun bavardage intérieur…. Ce qui compte, c’est la présence.
A mesure que votre respiration deviendra plus consciente, vous serez davantage présent: vous trouverez la plénitude. Respirez comme si vous deveniez le souffle. Peu à peu, la respiration, celui qui respire et l’acte de respirer deviendront un. La dualité et la séparation s’évanouiront.

 
Certaines personnes préfèreront:

 
2 Utiliser un objet

Ce peut être un objet ou une photo dont la beauté naturelle vous inspire particulièrement, ou une image du Bouddha, du Christ, etc...


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ou


3 Réciter un mantra

La définition du mantra est "ce qui protège l’esprit".

Quand vous vous sentez agité, désorienté, ou dans un état de fragilité émotionnelle, réciter un mantra est un moyen de modifier votre état d’esprit et de transformer votre énergie en la rendant positive.
Ce peut être un mot unique qui correspond au mieux à vos attentes présentes: santé, bonheur, concentration, joie, sérénité, réussite, amour, richesse, etc...
Vous laissez venir à vous ce mot unique et vous en faites le sujet de votre méditation en le répétant soit à voix haute, soit en le faisant résonner silencieusement dans votre tête. C'est bien plus efficace qu'une phrase complète du genre "je veux être en bonne santé" ou" je veux gagner beaucoup d'argent", phrases sur lequel le mental va se jeter en les dénigrant si vous êtes malade ou endetté, en vous montrant tous les obstacles et toutes les raisons qui vous prouveraient que la situation ne peut vraiment pas changer. Le mot unique, lui, "reprogramme" en quelque sorte notre cerveau, permet de vaincre nos résistances et nous aide à découvrir en nous les ressources sur lesquelles nous appuyer pour changer notre vie.

Il est également possible de réciter une prière ou un psaume auxquels l'on est particulièrement attaché ou des mantras simples et célèbres en sanscrit comme SO-HAM (SO à l'inspir, HAM à l'expir) ou HAM-SA (HAM à l'inspir, SA à l'expir) ou si l'on préfère en français JE SUIS (JE à l'inspir, SUIS à l'expir).

Bonne pratique

06 mars 2008

"La marionnette"

« Si pour un instant Dieu oubliait que je suis une marionnette de chiffon et m’offrait un morceau de vie, je profiterais de ce temps du mieux que je pourrais.

Sans doute je ne dirais pas tout ce que je pense, mais je penserais tout ce que je dirais.

Je donnerais du prix aux choses, non pour ce qu’elles valent, mais pour ce qu’elles représentent. 

445128060.jpg Je dormirais peu, je rêverais plus, sachant qu’en fermant les yeux, à chaque minute nous perdons 60 secondes de lumière.

Je marcherais quand les autres s’arrêteraient, je me réveillerais quand les autres dormiraient.

Si Dieu me faisait cadeau d’un morceau de vie, je m’habillerais simplement, je me coucherais à plat ventre au soleil, laissant à découvert pas seulement mon corps, mais aussi mon âme.

Aux hommes, je montrerais comment ils se trompent, quand ils pensent qu’ils cessent d’être amoureux parce qu’ils vieillissent, sans savoir qu’ils vieillissent quand ils cessent d’être amoureux !

A l’enfant je donnerais des ailes mais je le laisserais apprendre à voler tout seul. Au vieillard je dirais que la mort ne vient pas avec la vieillesse mais seulement avec l’oubli.

J’ai appris tant de choses de vous les hommes… J’ai appris que tout le monde veut vivre en haut de la montagne, sans savoir que le vrai bonheur se trouve dans la manière d’y arriver.

J’ai appris que quand un nouveau né serre fort de son petit poing, pour la première fois, la main de son père, il le retient pour toujours.

J’ai appris qu’un homme n’a le droit d’en regarder un autre de haut que pour l’aider à se lever.

J’ai appris tant de choses de vous, mais à la vérité cela ne me servira pas à grand chose, si cela devait rester en moi, c’est que malheureusement je serais en train de mourir.

Dis toujours ce que tu ressens et fais toujours ce que tu penses.

Si je savais que c’est peut être aujourd’hui la dernière fois que je te vois dormir, je t’embrasserais très fort et je prierais pour pouvoir être le gardien de ton âme. Si je savais que ce sont les derniers moments où je te vois, je te dirais ‘je t’aime’ sans stupidement penser que tu le sais déjà.

(...)

C’est peut être aujourd’hui que tu vois pour la dernière fois ceux que tu aimes. Pour cela, n’attends pas, ne perds pas de temps, fais-le aujourd’hui, car peut être demain ne viendra jamais, tu regretteras toujours de n’avoir pas pris le temps pour un sourire, une embrassade, un baiser parce que tu étais trop occupé pour accéder à un de leur dernier désir.

Garde ceux que tu aimes près de toi, dis-leur à l’oreille combien tu as besoin d’eux, aime les et traite les bien, prends le temps pour leur dire ‘je regrette’ ‘pardonne-moi’ ‘s’il te plait’ ‘merci’ et tous les mots d’amour que tu connais.

Personne ne se souviendra de toi pour tes pensées secrètes. Demande la force et la sagesse pour les exprimer.

Dis à tes amis et à ceux que tu aimes combien ils sont importants pour toi."

Texte d'un certain Johnny Welch (1999), attribué à tort à
Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature, né en 1928 et bien vivant à ce jour 

Joli hoax, mais hoax tout de même: cf ce site