29 mars 2007
Les Yoga-Sutras de Patanjali
Il est difficile de situer très exactement le Yoga-Sutra, mais, que Patanjali ait existé en tant que personne, ou qu'il représente un courant de pensée, que ce soit deux siècles avant notre ère ou quatre siècles après, l'enseignement du Yoga exposé dans les Sutras codifie une pratique traditionnelle d'une très grande ancienneté.
Le mot Sutra, en sanscrit, désigne le fil du collier et, par extension, le fil conducteur d'un raisonnement, d'un exposé. Il évoque aussi les perles du collier, et désigne alors les 195 aphorismes qui constituent le traité. On parle donc aussi des Yoga Sutras.
Dans tous les enseignements spirituels en Inde, existent ces résumés, sortes d'aide-mémoire destinés à être appris par cœur et expliqués par le maître, leur brièveté les rendant souvent difficilement compréhensibles sans commentaires.
Si on ajoute que le sanscrit, la plus ancienne de toutes nos langues indo-européennes, ouvre, pour chaque mot, un large éventail de sens, on comprendra que la lecture du Yoga-Sutra ne peut se faire qu'à la lumière de la pratique, celle-ci éclairant celle-là et vice versa. C'est tout le sens du mot Svadhyaya, qui est à la fois étude des textes sacrés et connaissance de soi. (...)
En effet, depuis des millénaires, la pratique du Yoga a pour but la liberté: se libérer de la loi du Karma ou loi de la cause et de l'effet, se délivrer des entraves de la condition humaine, devenir un Jivan Mukta, un éveillé vivant. Le quatrième chapitre des Sutras 1 développe l'ultime étape de ce chemin de transformation.
Pour nous, Occidentaux, le message des Sutras me paraît davantage résider dans la relation avec les autres, qui passe par la relation avec soi-même.
L'immense richesse de ce texte est utilisable au quotidien, dans notre vie physique et psychique, personnelle et relationnelle, et constitue une ouverture privilégiée à la vie spirituelle.
Avec un souci du détail permanent, Patanjali explore l'univers psychomental et nous donne un moyen simple, concret, merveilleusement efficace, pour devenir plus conscients, plus vigilants, plus aptes à vivre chaque instant dans sa plénitude. (...)
Le Yoga-Sutra est réparti en quatre livres ou chapitres, les Pâdais : Samâdhi Pâda; Sâdhana Pâda; Vibhûti Pâda; Kaivalya Pâda.
Extrait de l'introduction de Françoise Mazet, traductrice des Yoga-Sutras de Patanjali
Extraits des Yoga-Sutras de Patanjali
Samadhi pada (livre 1)
2. Le Yoga est l’arrêt des perturbations du mental
12. L'arrêt des perturbations du mental s'obtient par une pratique intense, dans un esprit de lâcher-prise.
13. En l'occurrence, cette pratique intense est un effort énergique pour se centrer.
14. Mais elle n'est une base solide que si elle est pratiquée avec ferveur, persévérance, de façon ininterrompue, et pendant longtemps.
31. La souffrance, l'anxiété, la nervosité, une respiration accélérée accompagnent cette dispersion du mental.
33. L'amitié, la compassion, la gaieté clarifient le mental; ce comportement doit s'exercer indifféremment dans le bonheur et le malheur, vis-à-vis de ce qui nous convient, comme vis-à-vis de ce qui ne nous convient pas.
34. L'expir et la suspension de la respiration produisent les mêmes effets.
traduit du sanscrit par Françoise Mazet,
Yoga-Sutras de Patanjali,
collection 'Spiritualités vivantes',
chez Albin Michel
15:10 Publié dans 11. Textes fondateurs et citations, 12. Hatha yoga, 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, bien-être, méditation
21 mars 2007
Yoga, stress et relaxation
Le Yoga de l'Inde rassemble un grand nombre de techniques, de doctrines et de variations. L'une des plus accessibles par nous autres occidentaux, est le Hatha-yoga, surtout les postures et la respiration.
Le Hatha Yoga
Les postures du Yoga ont des effets spécifiques sur les organes et sur tout le système nerveux végétatif. Chaque posture ayant sa contre-posture, leur usage au cours d'une même séance sollicite le corps dans deux sens opposés, favorisant son équilibre et le maintien de l'homéostasie (" la capacité pour l'organisme de maintenir dans une fourchette étroite, à une valeur quasi constante, la température aux alentours de 37°, la tension artérielle autour de 13/7, le pouls autour de 60/70, etc. ") physiologique et psychologique.
On a constaté en traitant une maladie donnée qu'on était souvent contraint d'augmenter progressivement les doses de médicaments (ceci est valable pour les psychotropes, les corticoïdes, les anti-inflammatoires, etc.) au fil du temps, comme si la réduction du symptôme activait ses mécanismes producteurs. Ce n'est pas le cas avec le Yoga qui agit sur l'ensemble du système et non sur le symptôme.
La respiration (ou pranayama)
De nombreuses techniques existent, qu'il s'agisse de l'expiration consciente dirigée vers une zone tendue ou de la respiration complète, lente et profonde (cf. l'article de Planète Yoga La respiration complète), ou encore de la respiration alternée (nadi sodhana), dans laquelle, à une inspiration gauche suivie d'une expiration droite, succède une inspiration par la narine droite avec expiration par la gauche et ainsi de suite.
On a noté que ces respirations favorisent considérablement la détente et l'endormissement.
Les effets physiologiques du Yoga
Très importants, ils ont fait l'objet de nombreux travaux. Les postures se font sans dette d'oxygène, sans essoufflement. En quelques mois de pratique, le pouls se stabilise et le coeur ralentit son rythme. La température de la peau se trouve modifiée localement durant la prise posturale.
La pratique quotidienne de techniques respiratoires simples " a un effet de relaxation musculaire important, permet de guérir nombre d'insomnies sans médicaments, augmente l'adaptation au froid et à la chaleur, accroît la sécrétion urinaire et exerce un rôle sédatif sur l'excitation idéique ou psychomotrice ".
Le rythme respiratoire ralenti favorise l'augmentation de l'amplitude du souffle et une stabilisation à la baisse du rythme cardiaque. " La sécrétion d'adrénaline (fidèle témoin de la quantité de stress) est nettement diminuée déjà après trois semaines de Hatha-yoga ". Les sécrétions corticosurrénales s'améliorent.
Des recherches et des observations en milieu médical ont montré le très grand intérêt du Yoga (postures et respiration) dans le traitement du diabète sucré, de l'asthme bronchique, des troubles fonctionnels digestifs, de l'obésité ou de la maigreur pathologique, le poids tendant vers sa valeur idéale. L'hypertension se voit également grandement réduite.
Les postures (ou asanas)
La pratique des postures constitue une excellente technique d'assouplissement car elle favorise le relâchement musculaire.
Les postures d'extension visent à étirer le corps, d'autres dites de flexion le plient.
Or les enfants de type rachitique, dont l'attitude est corrigée par la vitamine D et le calcium, ont tendance à utiliser prioritairement les muscles extenseurs. C'est aussi le cas pour les adultes atteints de spasmophilie ou de tétanie liée à des troubles du métabolisme du calcium ou du magnésium. Cette préférence marquée pour les postures en extension s'explique aisément lorsqu'on sait qu'elles sont énergisantes, euphorisantes, et permettent de gagner en enthousiasme et en confiance en soi. Parfois jusqu'à l'exaltation!
" Certains auteurs ont suggéré que les compressions et étirements sur des points précis de l'organisme, superficiels et profonds, expliqueraient les effets spécifiques de chaque posture sur tel ou tel organe par un mécanisme analogue à celui qui intervient en acupuncture, do-in, massage-réflexe, etc. "
Quoiqu'il en soit, le Yoga s'est révélé bénéfique et peut être conseillé dans la rééducation des handicapés moteurs, pour l'amélioration de la marche chez le vieillard, chez les asthmatiques, dans certaines maladies veineuses et dans la constipation chronique, ou encore dans le traitement du psoriasis.
" Il permet souvent de diminuer l'angoisse, d'abolir l'insomnie, de réduire les somatisations (troubles respiratoires, cardiaques, digestifs, endocriniens), d'améliorer l'image du corps, de lutter contre la boulimie et l'obésité."
Au niveau psychothérapique enfin, le Hatha-yoga semble accélérer le processus évolutif.
La pratique
Une pratique quotidienne d'au moins un ou deux mois - leçon hebdomadaire chez un professeur et pratique quotidienne chez soi - suffit pour commencer à obtenir des résultats probants. Au bout de six mois de pratique, certains de ces résultats commencent à devenir des acquis. Plutôt que de pratiquer seul avec des manuels, il est préférable de faire appel à un Professeur agréé par une fédération nationale reconnue ou une école réputée.
Ceci est un condensé de l'excellent post sur les méthodes de relaxation,
rédigé par le Dr Bernard Auriol, dans Stress, Yoga et Psychosonique.
On s'y réfèrera avec profit, notamment en ce qui concerne l'abondante bibliographie.
19:55 Publié dans 12. Hatha yoga, 20. Yoga et science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, bien-être
14 mars 2007
Calme
Quand la respiration est instable, le mental est instable; quand la respiration est stable, le mental est stable et le Yogi atteint l’immobilité. C’est pourquoi l’on doit maîtriser la respiration.
Hatha Yoga Pradipika - Chapitre II
23:45 Publié dans 04. La pratique, 11. Textes fondateurs et citations, 12. Hatha yoga | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, bien-être, méditation
12 mars 2007
La respiration complète
Les poumons vidés, nous recommencerons alors le même mouvement ondulatoire, de façon harmonieuse sans à coups, le plus régulièrement possible.
L'on veillera à étirer l'expir le plus possible et l'on notera que l'inspir s'allonge alors automatiquement.
- La Respiration ABDOMINALE concerne la partie inférieure des poumons à la hauteur du diaphragme. A l'inspir les muscles abdominaux se retrouvent poussés vers l' avant. A l'expir, ils sont contractés.
- La respiration THORACIQUE concerne la cage thoracique. On écarte les côtes comme un soufflet à l'inspir, on resserre les côtes à l'expir. Avec l'expérience l'on sentira également les muscles du dos concernés.
- La respiration CLAVICULAIRE va oxygéner la partie supérieure des poumons. On gonfle le haut de la cage thoracique ce qui fait se soulever (à peine) les clavicules. A l'expiration les clavicules s'abaissent. Avec l'expérience on sentira que cet étage respiratoire concerne également les trapèzes et le cou.
Bien respirer pour bien vivre
Bien respirer favorise l'équilibre physiologique, psychique et émotionnel.
D'instinctive et automatique à la naissance, la respiration s'est vite retrouvée perturbée par les traumatismes petits et grands qui s'inscrivent inconsciemment dans le corps au fur et à mesure de notre développement. Ils y laissent des tensions qui perturbent le schéma respiratoire. La prise de conscience de ces retenues respiratoires va renvoyer aux causes émotionnelles du blocage et permettre de s'en libérer. En apprenant consciemment à bien respirer, nous pouvons retrouver une respiration libre, fluide et efficace.
De plus l'alcalinisation (alcalin, contraire d'acide) du sang provoquée par une suroxygénation favorise non seulement un bon fonctionnement musculaire (c'est-à-dire sans courbatures, dûes à un excès d'acide lactique) mais aussi le fonctionnement de l'hypothalamus et le déblocage des émotions.
La pratique du yoga, du taï chi chuan ou du chi kong renvoie à la conception asiatique qui considère la respiration comme une prise d'énergie vitale, énergie nommée prana en Inde, tchi en Chine et ki au Japon. Dans ces pratiques ainsi que dans les arts martiaux, on reconnaît l'importance fondamentale de la respiration, trop souvent négligée par la pratique sportive occidentale qui privilégie surtout l'aspect musculaire de la force vitale.
Néanmoins certains sportifs de haut-niveau se sont intéressés à ces techniques. En plus d'importants bénéfices physiques et mentaux, ils y ont gagné en connaissance d'eux-mêmes. Même si c'est difficile à accepter par certaines fédérations sportives, pas toujours ouvertes à d'autres formes de pensée...
Un pratiquant régulier développe nettement sa conscience du corps. Ainsi, il perçoit plus vite l'effet que les événements ou les personnes produisent sur lui. Plutôt que de refouler l'émotion vécue dont il n'aurait pas pris conscience, il sera davantage capable de l'identifier, de la comprendre, de l'affronter et de la sublimer.
Le corps sait comment respirer. A nous de lui en redonner l'occasion en l'accompagnant dans le lâcher-prise et en l'ouvrant au souffle.
19:40 Publié dans 04. La pratique, 12. Hatha yoga | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, bien-être
14 février 2007
Le yoga de Patanjali
Philosophe indien (situé entre 250 av. JC et 400 après JC.), Patanjali fut le premier à rénover l'ancienne tradition du Yoga hindou en s'inspirant du Samkhya et des textes hindous de la Bhagavad Gita. Il nous a laissé un traité structuré de ses pratiques: les Yogas Sutras.
L'ayurveda
Le yoga est fondé en partie sur la médecine traditionnelle de l'Inde, l'Ayurvéda. Ce un système médical holistique, considéré comme le plus ancien de l'histoire humaine par les anthropologues, cherche à guérir la personne en l'aidant à retrouver son équilibre, la cause de la maladie étant le malade et non la maladie elle-même. En ce sens, elle rejoint les approches modernes de la psychosomatique occidentale.
La médecine ayurvédique utilise l'approche symbolique pour tenter de comprendre la maladie psychique et physique. Chaque personnalité est décrite comme un composé en proportions variables des éléments primordiaux, l'espace et l'air, le feu, l'eau et la terre. La clef de voûte de la médecine ayurvédique est la constitution individuelle (ou Prakriti). On retrouve en occident la caractérologie de René le Senne, qui mettra en place une classification des types psychologiques humains, ou les symboliques de C. G. Jung ou de Wilhelm Reich. Dans la médecine Ayurvédique, la typologie s'étend au biologique, au physique et au psychique de l'humain.
Les vivants, êtres de lumière
Pour les yogis l'énergie vitale appelée prâna circule dans des canaux de transmission, les nadis, et est captée par le biais de centres énergétiques, les chakras. Ces concepts énergétiques sont très similaires à ceux de la médecine chinoise et de l'acupuncture. Le prana, ou énergie vitale proche de l'orgone de Reich, serait une énergie bioélectrique circulant dans la structure atomique du vivant.
De nos jours, Fritz Popp, biophysicien de réputation mondiale et directeur d’un centre de recherche en Allemagne, a montré que les cellules vivantes, animales ou végétales, émettent des rayonnements électromagnétiques d’une puissance infime mais d’une cohérence telle, qu’elles sont capables de différencier des signaux ultra-faibles noyés dans le brouillard électromagnétique. Ce facteur de cohérence dévoile par ailleurs la précision inimaginable avec laquelle s’effectue la transmission des informations au sein des tissus vivants. Et ces émissions proviennent de l’ADN!
Les cellules ont peut-être toujours su détecter la lumière. Dans son livre Biologie de la Lumière, Fritz Popp met d'ailleurs en évidence les correspondances entre les rayonnements cellulaires d’une part, très ténus mais réels et universels, et les rayonnements solaires d’autre part. Dans cet ouvrage, la cellule apparaît comme un accumulateur d’énergie solaire.
Quant à Rupert Sheldrake, éminent biologiste de l'université de Cambridge, il a découvert ce qu'il nomme les champs morphogénétiques, des champs énergétiques à l'origine de l'organisation de la matière. Des études en laboratoires attestent que ces champs impliqueraient une modification du comportement des végétaux, des animaux et des êtres humains.
Energie et blocages
Dans l'approche yoguique, les chakras sont les principaux centres énergétiques par lesquels le corps échange son énergie bioélectrique avec l'énergie électromagnétique de l'environnement. Ces centres d'entrée et de sortie de l'énergie sont symbolisés par des fleurs fermées ou ouvertes en fonction du degré d'évolution du pratiquant. Les chakras sont au nombre de sept, chacun ayant une localisation spécifique, l'énergie parcourant un réseau énergétique vertical de bas en haut.
Ces zones énergétiques rappellent les travaux de Reich sur les cuirasses musculaires et les sept plexus. En étudiant les névroses, Reich découvre une répression des besoins sexuels et cela dès l'enfance. Selon le moment et l'intensité de la répression des pulsions par l'entourage de l'enfant, se constituent différentes cuirasses caractérielles: « La cuirasse caractérielle est une stratification, une sorte d'enkystement de toutes les expériences passées, de toutes les forces de défense mises en place par le sujet, c'est la forteresse derrière laquelle chacun se retranche pour organiser ses résistances. »
Proche de l'approche Reichienne, le système des chakras représente sept zones où des blocages bioénergétiques peuvent survenir à cause de blocages psychiques de la circulation de l'énergie du coccyx au sommet du crâne. Ces blocages sont responsables de troubles neurovégétatifs et de maladies psychosomatiques.
La pratique du Yoga
Assez proche du training autogène de Schultz, le yoga permet toutefois d'obtenir une meilleure intégration du schéma corporel et une plus grande maîtrise émotionnelle. Le Yoga diffère de la technique de Schultz dans le sens où il respecte les résistances et ne substitue pas par la suggestion la volonté du praticien à celle du patient. Proche de la psychanalyse sur ce point, le Yoga tente de rétablir une autorégulation chez l'individu.
En Yoga, la détente n'est pas un processus dynamique mais se rapproche plus de l'eutonie de Gerda Alexander. Au lieu de rechercher une diminution du tonus musculaire, le but de la pratique est d'obtenir le juste degré de tension nécessaire à l'exécution d'un exercice. On met l'accent sur le ressenti de la perception précédant le ressenti de la tonicité, permettant ainsi de différencier le schéma corporel et la conscience du corps.
On connaît l'importance majeure du vécu corporel chez le malade mental, la brusquerie et l'irrégularité des mouvements de la posture, ces troubles de l'action étant le résultat de traumas antérieurs dont le corps se fait l'écho. Le Yoga permet d'agir dans le sens de la restructuration du champ corporel chez des sujets présentant un début de symptômes psychosomatiques. Le yoga comporte des postures renversées, debout, couchées ou assises, centrées, décentrées, pliées, en torsion, etc. afin de reconstruire l'individu et sa relation au monde extérieur.
Méthode d'évolution personnelle
Le Yoga est non seulement une méthode thérapeutique mais aussi une voie de connaissance de soi et d'évolution personnelle. Ecoutons Jung à propos du yoga: « Les rapports avec l'objet s'introvertissent et, privés de leur valeur, plongent dans l'inconscient où ils peuvent contracter de nouvelles associations avec d'autres contenus inconscients et, une fois terminé l'exercice, reparaître dans l'objet. Le changement de perspective à l'égard de l'objet donne à ce dernier un nouvel aspect. Il est comme recréé ». Jung met ici l'accent sur les relations du Yoga avec l'inconscient. Redécouvert par Freud pour l'occident, l'inconscient était connu de l'orient depuis de nombreux siècles.
Patanjali dans son approche du Yoga décrit l'existence humaine comme une actualisation continue de l'inconscient (appelé vasanas) par le moyen d'expériences diverses. Pour lui comme pour Freud, l'inconscient est responsable d'un bon nombre de troubles affectant l'humain. Mais l'inconscient du Yoga à la différence de l'inconscient freudien n'est pas lié uniquement à la libido, le Yoga pense qu'il est possible de dépasser les potentialités inconscientes grâce aux exercices d'unification de différents états de conscience.
Le Yoga se fait alors méditatif, le pratiquant concentre son attention sur un objet afin d'obtenir l'apaisement du mental. Il existe huit sortes d'exercices différents composant une voie de développement intérieur progressif: exercices de respiration (pranayama), de méditation assise (dhyana, dont s'est inspiré le bouddhisme), de concentration sur des notions philosophiques, de compréhension des volitions mentales inconscientes et le travail des postures. Mais aussi des exercices permettant l'accès à des états supérieurs de conscience. Il s'agit bien d'une approche holistique: le Yoga est physique, philosophique, psychosomatique et transpersonnel.
Yoga et humanité
Le Yoga a des avantages thérapeutiques considérables: des études scientifiques réalisées par le département de psychiatrie de Copenhague établissent que le Yoga permet d'abaisser le métabolisme, relaxer les muscles, réguler les systèmes respiratoires et endocriniens, amenant un état d'apaisement mental favorable à la santé. Mais aussi il peut ralentir de manière significative les rythmes cérébraux, permettant de la sorte une diminution de la suragitation mentale, cause de nombre de pathologies psychiques.
C'est précisément dans la transformation du rythme cérébral de veille (onde bêta) en rythme cérébral du sommeil (ondes alpha et thêta) - tout en maintenant l'état de veille - que le pratiquant peut accéder à un élargissement de la conscience pure (conscience consciente d'elle-même). Cet état permet au pratiquant de comprendre les mécanismes mis en place par le mental et l'ego, de voir plus clairement le jeu de l'inconscient et d'affiner la connaissance de son individualité.
D'après Jung qui étudia le système des chakras, une grande majorité d'individus concentreraient leur niveau d'activité principalement autour des trois centres inférieurs (agressivité, pulsion sexuelle et égocentrisme). Dans le yoga, le passage des centres inférieurs aux centres supérieurs se nomme « le saut du cœur ». Il suppose la capacité à « lâcher prise » et une attitude mentale caractérisée par le non-attachement égotiste, la détente intérieure et la lucidité vis-à-vis des événements extérieurs, l'apaisement des tensions engendrées par les frustrations et le développement du sens de la coopération et de l'entraide.
Le cinquième chakra est celui de la créativité: situé au niveau de la gorge, il est le lieu de l'inspiration philosophique et artistique, de la parole et du chant. Le sixième centre est celui de la connaissance intuitive: situé entre les deux sourcils, il est le centre de la vision holistique de soi, la vision des illusions du mental. Le septième et dernier chakra est celui de l'état transpersonnel: situé au sommet du crâne, au-dessus de la fontanelle, il participe à l'unification des cerveaux gauche et droit dans le but du développement total de l'être.
Jung remarqua qu'à travers l'éveil de l'énergie vitale se rassemblaient des niveaux plus profonds de l'être par le mouvement du soi inconscient. Chaque chakra a une influence sur les autres. Les trois premiers centres inférieurs, peuvent freiner l'évolution de l'humain, mais assurent sa survie. Les quatre centres supérieurs tendent à accélérer cette évolution. Le but du yoga est donc, par l'éveil et l'harmonisation de tous nos centres d'énergie, d'élargir la connaissance de soi et d'intégrer de nouveaux schémas de comportement, axés sur la coopération et l'entraide, en toute conscience de notre humanité.
23:35 Publié dans 10. Vocabulaire, 11. Textes fondateurs et citations, 12. Hatha yoga, 20. Yoga et science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, bien-être






