12 mars 2008
Méditer
1. « Observer » la respiration.
Fixez tout d'abord votre attention sur le souffle sans le modifier. Puis essayez de percevoir le trajet de l'air à l'inspir et à l'expir. Vous commencez par les narines, puis vous suivez le trajet de l'air dans l'arrière-nez, la gorge, jusque dans la trachée, puis dans les bronches, le plus loin possible dans les poumons. Vous vous concentrez sur ce trajet en sens inverse durant l'expiration.
Vous accorderez une attention toute particulère à la vie qui pulse plus fort dans l'ensemble du corps à l'inspir et à la détente qui s'installe à l'expir. Laissez faire l'intervalle qui s'imposera de lui-même à la fin de l'expir, l'inspir se faisant d'elle-même.
Au fur et à mesure que vous progresserez, vous pourrez affiner vos perceptions et développer vos ressentis.
Durant la pratique, vous veillerez à ne pas vous laisser entraîner à aucun commentaire mental, aucune analyse ou aucun bavardage intérieur…. Ce qui compte, c’est la présence.
A mesure que votre respiration deviendra plus consciente, vous serez davantage présent: vous trouverez la plénitude. Respirez comme si vous deveniez le souffle. Peu à peu, la respiration, celui qui respire et l’acte de respirer deviendront un. La dualité et la séparation s’évanouiront.
Ce peut être un objet ou une photo dont la beauté naturelle vous inspire particulièrement, ou une image du Bouddha, du Christ, etc...
3 Réciter un mantra
La définition du mantra est "ce qui protège l’esprit".
Quand vous vous sentez agité, désorienté, ou dans un état de fragilité émotionnelle, réciter un mantra est un moyen de modifier votre état d’esprit et de transformer votre énergie en la rendant positive.
Ce peut être un mot unique qui correspond au mieux à vos attentes présentes: santé, bonheur, concentration, joie, sérénité, réussite, amour, richesse, etc...
Vous laissez venir à vous ce mot unique et vous en faites le sujet de votre méditation en le répétant soit à voix haute, soit en le faisant résonner silencieusement dans votre tête. C'est bien plus efficace qu'une phrase complète du genre "je veux être en bonne santé" ou" je veux gagner beaucoup d'argent", phrases sur lequel le mental va se jeter en les dénigrant si vous êtes malade ou endetté, en vous montrant tous les obstacles et toutes les raisons qui vous prouveraient que la situation ne peut vraiment pas changer. Le mot unique, lui, "reprogramme" en quelque sorte notre cerveau, permet de vaincre nos résistances et nous aide à découvrir en nous les ressources sur lesquelles nous appuyer pour changer notre vie.
Il est également possible de réciter une prière ou un psaume auxquels l'on est particulièrement attaché ou des mantras simples et célèbres en sanscrit comme SO-HAM (SO à l'inspir, HAM à l'expir) ou HAM-SA (HAM à l'inspir, SA à l'expir) ou si l'on préfère en français JE SUIS (JE à l'inspir, SUIS à l'expir).
12:38 Publié dans 04. La pratique, 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, bien-être, méditation
06 mars 2008
"La marionnette"
« Si pour un instant Dieu oubliait que je suis une marionnette de chiffon et m’offrait un morceau de vie, je profiterais de ce temps du mieux que je pourrais.
Sans doute je ne dirais pas tout ce que je pense, mais je penserais tout ce que je dirais.
Je donnerais du prix aux choses, non pour ce qu’elles valent, mais pour ce qu’elles représentent.
Je dormirais peu, je rêverais plus, sachant qu’en fermant les yeux, à chaque minute nous perdons 60 secondes de lumière.
Je marcherais quand les autres s’arrêteraient, je me réveillerais quand les autres dormiraient.
Si Dieu me faisait cadeau d’un morceau de vie, je m’habillerais simplement, je me coucherais à plat ventre au soleil, laissant à découvert pas seulement mon corps, mais aussi mon âme.
Aux hommes, je montrerais comment ils se trompent, quand ils pensent qu’ils cessent d’être amoureux parce qu’ils vieillissent, sans savoir qu’ils vieillissent quand ils cessent d’être amoureux !
A l’enfant je donnerais des ailes mais je le laisserais apprendre à voler tout seul. Au vieillard je dirais que la mort ne vient pas avec la vieillesse mais seulement avec l’oubli.
J’ai appris tant de choses de vous les hommes… J’ai appris que tout le monde veut vivre en haut de la montagne, sans savoir que le vrai bonheur se trouve dans la manière d’y arriver.
J’ai appris que quand un nouveau né serre fort de son petit poing, pour la première fois, la main de son père, il le retient pour toujours.
J’ai appris qu’un homme n’a le droit d’en regarder un autre de haut que pour l’aider à se lever.
J’ai appris tant de choses de vous, mais à la vérité cela ne me servira pas à grand chose, si cela devait rester en moi, c’est que malheureusement je serais en train de mourir.
Dis toujours ce que tu ressens et fais toujours ce que tu penses.
Si je savais que c’est peut être aujourd’hui la dernière fois que je te vois dormir, je t’embrasserais très fort et je prierais pour pouvoir être le gardien de ton âme. Si je savais que ce sont les derniers moments où je te vois, je te dirais ‘je t’aime’ sans stupidement penser que tu le sais déjà.
(...)
C’est peut être aujourd’hui que tu vois pour la dernière fois ceux que tu aimes. Pour cela, n’attends pas, ne perds pas de temps, fais-le aujourd’hui, car peut être demain ne viendra jamais, tu regretteras toujours de n’avoir pas pris le temps pour un sourire, une embrassade, un baiser parce que tu étais trop occupé pour accéder à un de leur dernier désir.
Garde ceux que tu aimes près de toi, dis-leur à l’oreille combien tu as besoin d’eux, aime les et traite les bien, prends le temps pour leur dire ‘je regrette’ ‘pardonne-moi’ ‘s’il te plait’ ‘merci’ et tous les mots d’amour que tu connais.
Personne ne se souviendra de toi pour tes pensées secrètes. Demande la force et la sagesse pour les exprimer.
Dis à tes amis et à ceux que tu aimes combien ils sont importants pour toi."
Texte d'un certain Johnny Welch (1999), attribué à tort à
Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature, né en 1928 et bien vivant à ce jour
11:47 Publié dans 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, méditation
21 février 2008
Des passions

On parla des passions. « Ah! qu’elles sont funestes! disait Zadig.
— Ce sont les vents qui enflent les voiles du vaisseau, repartit l’ermite: elles le submergent quelquefois; mais sans elles il ne pourrait voguer. La bile rend colère et malade; mais sans la bile l’homme ne saurait vivre. Tout est dangereux ici-bas, et tout est nécessaire. »
Voltaire, Zadig, chap. XX, L'Ermite
12:30 Publié dans 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, méditation
07 février 2008
Nouveau lien
Un nouveau lien, découvert aujourd'hui et l'envie de le partager avec vous:
Ark-TV (la télévision de l'harmonie avec soi et avec la nature)
Des conférences, des documentaires, des expos, c'est à explorer... à prendre ou à laisser selon vos envies et les résonnances que les différents sujets traités peuvent éveiller en vous.
14:25 Publié dans 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, méditation
23 janvier 2008
Voie du coeur et compassion
On ne voit bien qu'avec le coeur
Le Petit Prince. Saint-Exupéry
Quelque chose m'irrite en ce moment: c'est la recherche du sens à tout prix. Alors on intellectualise, on raisonne, on déduit, on démontre par a+b. Ca rassure sans doute, le monde s'explique, plus d'imprévu, plus de surprise, plus d'inconnu, du moins le croit-on... Chercher à donner du sens à ce qui en a d'accord, mais tout interpréter, mettre du mental partout, culpabiliser le pauvre, le chômeur, le malade, le handicapé, et j'en passe, là je ne comprends plus. Où est donc passée notre compassion? Où s'exprime le coeur?
Et puis c'est oublier que nous sommes différents, que certains sont plus fragiles ou moins bien armés pour la vie et la santé que d'autres, que chacun est le résultat d'une histoire, d'une biologie et d'une éducation avec lesquelles il n'est pas toujours facile de composer. C'est oublier que chacun vit dans une société avec ses qualités et ses défauts, avec une volonté politique plus ou moins grande de diminuer les pesticides, les gaz polluants, de cultiver bio, de réellement prendre en compte la santé des citoyens en arrêtant par exemple de privilégier le profit de tel ou tel labo ou pas. Et que ça, sur l'instant, on n'y peut pas grand chose. A part sans doute veiller sur nos enfants, jour après jour. Alors chacun se débrouille avec ce qu'il est, avec ce qu'il a, et encore, bienheureuses nos sociétés occidentales où pour la plupart nous mangeons à notre faim!
On aimerait parfois juste comprendre pour ne plus avoir à prendre le chemin du coeur. On cherche alors des boucs émissaires au lieu d'aller à l'essentiel. Trop besoin de certitudes et pas assez de confiance en notre sensibilité! Et pourtant... Une situation difficile se présente? Qu'allons-nous en faire? Quelle attitude sera la nôtre? Comment allons-nous aborder la difficulté, l'affronter, la passer tout simplement? Avec qui? Elle sera l'occasion de quel partage, de quelle croissance? Vers quoi va-t-on marcher et avec quelle ressource ignorée puisée tout au fond de nous?
Ce que je me demande, c'est où est passée notre compassion. Où est donc la réelle attention à l'autre et à ses besoins, à ce qu'il est, à ce qu'il dit, à ce qu'il éprouve, à ce qu'il sait, à ce qu'il peut accomplir, à ce qui compte pour lui, pour elle. Je suis ulcérée par toutes les belles paroles dites de communication et par le peu de regard, le peu d'écoute, le peu d'ouverture du coeur. Pourtant, tous, un jour ou l'autre, nous serons en situation de faiblesse, de vulnérabilité, et nous serons là à quémander un peu d'attention, un peu d'humanité, un peu de tendresse. Oui notre corps va s'user, oui tout le monde peut se retrouver à la rue très vite, oui la vie est parfois dure. Et oui surtout, nous mourrons toutes et tous au bout du compte, et là nous serons nus avec pour tout bagage nos petites vies réussies ou pas et le souvenir de nos amours, de nos joies et de nos peines, de nos partages. Qui nous tiendra la main? Qui sera présent, physiquement ou dans notre coeur, vraiment présent?
Et vous, pour qui êtes-vous présent?
Ce qui m'émeut si fort de ce petit prince endormi,
c'est sa fidélité pour une fleur,
c'est l'image d'une rose qui rayonne en lui comme la flamme d'une lampe,
même quand il dort...
Et je le devinai plus fragile encore.
Il faut bien protéger les lampes: un coup de vent peut les éteindre...
Antoine de St Exupéry, Le Petit Prince
10:45 Publié dans 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, méditation, bien-être
17 janvier 2008
Les voeux de Babacar pour l'année 2008
L'effet est de même essence que sa cause.
(Sâmkhya Kârikâ, Kârikâ 9)
Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.
(Paroles de Jésus, Evangile selon Saint-Luc 23 34)
Chers amis en l'être,
Toute action produit une réaction égale ou supérieure, c'est la base de la loi du Karma.
Selon le Karma Yoga, la pensée crée l'action, l'action produit l'habitude. L'habitude donne naissance au caractère, et le caractère détermine la destinée. Dans l'esprit du Samkhya (voie de l'analyse), l'effet désigne l'action, la cause la pensée. Mais à la longue, l'action peut devenir elle-même cause si l'on n'est pas conscient de ce que l'on fait, et ainsi de suite. C'est l'engrenage du samsara.
En un sens, cela rappelle les paroles du Christ: « Un arbre ressemble à ses fruits ». Fruit, germe, plante, jusqu'à l'arbre, tout est mouvement, action, mais aussi cause. L'arbre symbolise à la fois l'action et la réaction. Il est le produit et l'origine de la graine. Il en va de même pour nos pensées. Elles sont le moteur de nos actes, mais elles peuvent aussi en devenir la résultante.
Les êtres sont des plantes qui, de par leur existence, produisent un Karma, dans l'action tout comme dans l'inaction. De gré ou de force, consciemment ou inconsciemment, chacun programme l'orbite de sa vie. Cependant à tout instant, il est possible de prendre une nouvelle direction ou de créer une nouvelle destinée. C'est une question de prise de conscience.
Nous sommes conditionnés, mais en vérité, nous pouvons rompre ce conditionnement ici et maintenant si nous y prenons garde. Nous ne sommes rien d'autre que ce que nous pensons à chaque instant. Nous sommes l'expression de nos pensées et sentiments. Toute vie est une occasion de s'affranchir du jardin d'enfant des émotions et des pensées parasites pour tendre vers la libération.
Je n'ai pas de château, je fais de mon esprit mon château.
Je n'ai pas d'ennemi, je fais de l'inattention mon ennemi,
disaient les Samouraïs japonais. Dans les monastères et lieux de retraite, on procédait chaque soir à un examen de conscience. Dans la tradition indienne et dans le Bouddhisme, on recommande la pratique du stop oriental: s'arrêter et réaliser. Quelles que soient la situation et les vibrations émotives qui nous perturbent, il faut prendre le temps de s'arrêter et de prendre conscience. Les émotions perturbent notre vision, notre compréhension, et nous entraînent dans un cycle sans fin d'actions et de réactions. « Connais-toi toi-même », disaient les Grecs. La connaissance de soi est le fondement de toute démarche spirituelle. Qu'on soit athée ou croyant, chacun a besoin d'un minimum de prise de conscience. Il s'agit de réaliser ce que l'on programme au lieu de se laisser programmer inconsciemment et de retomber toujours dans les mêmes erreurs. Dans la voie du yoga, il est recommandé de méditer chaque soir sur les pensées et les actes accomplis pendant la journée, de les analyser et de se reprogrammer ensuite en vue d'agir le lendemain d'une façon plus conforme à nos objectifs spirituels: c'est l'autosuggestion méditative.
Celui qui se trouve au fonds d'un puits a un horizon borné à la surface qu'il contemple. Celui qui fait l'effort de sortir du puits et de s'élever avec la navette intersidérale de la méditation n'est plus limité, car son champ de vision dépasse l'imagination. Élevons-nous au delà des limitations du mental. Tendons vers un légitime idéal de paix, de succès, et de réalisation spirituelle en nous appuyant sur une prise de conscience de tous les instants.
Bonne et heureuse année, présence, conscience, plénitude, bonheur!
Diam, paix, pax, peace, shalom, salam!
Yogi Khane
AFRIQUE - AMERIQUE - ASIE - EUROPE
17:45 Publié dans 15. Babacar Khane, 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, bien-être, méditation
10 décembre 2007
Aspirer la vie, redonner l'amour
Si vous réalisez cela vous serez assuré de connaître l'harmonie, si vous n'y parvenez pas encore voilà un objectif digne d'une superbe destinée humaine.
Christian Tikhomiroff
15:55 Publié dans 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, méditation, bien-être
Respirer, respirer encore, respirer toujours
La méditation commence par la respiration
Toute conscience vient d’abord s’ancrer dans la conscience de respirer. C’est évident pour les pratiquants du zen: en méditation assise, dès que l’on oublie une seconde que l’on respire, l'esprit bat la campagne, des pensées et des images de toutes sortes affluent, véritable mouvement brownien incontrôlé.
En revanche, dès que nous prenons conscience de notre souffle, nous devenons le spectateur de notre univers mental, ce qui nous permet de mettre une distance entre lui et nous.
Comme le disait si bien Taisen Deshimaru: « Le grand moi (celui qui cherche la sagesse) regarde le petit moi (agité, frivole, mesquin, préoccupé, anxieux). » L’être calme regarde l’être frénétique. C'est cette prise de distance qui permet le lâcher-prise salutaire.
« Comme dans un miroir
Je suis le reflet
Mais le reflet n’est pas moi »
Hokkyo Zan Mai écrit en Chine au IXe siècle par le maître ch’an Tozan
Et cette pratique peut se faire n’importe où et n’importe quand. Prendre conscience de notre souffle, de son va-et-vient, du trajet de l'air dans le nez, la gorge, et même jusqu'aux poumons, " goûter l'air " comme me l'enseignait Dominique, mon premier professeur de yoga, suivre son trajet en sens inverse à l'expir, nous permet de nous libérer de la pression ambiante.
« Quand j’inspire je sais que j’inspire,
quand j’expire je sais que j’expire »
Le Bouddha
La clé? Une pratique régulière, même brève!
« Il est beaucoup plus important de prendre conscience de la respiration plusieurs fois par jour que de tenter de " pratiquer " trop longtemps. Toutes les « micro-pratiques » du yoga tantrique se font pendant cinq, dix ou trente secondes, suivies d’un retour à la manière habituelle de vivre ou de faire les choses. »
Désirs, passions et spiritualité, Daniel Odier, éd. Lattès, 1999.
« La volonté, votre volonté, c’est de l’effort prolongé dans le temps. L’effort et le temps forment une alliance qui vous surprendra.»
Edouard ZARIFIAN, Editions Odile Jacob, 2005
09:05 Publié dans 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, méditation, bien-être
05 décembre 2007
Dire oui à l'indiscutable réalité de l'instant
Interview d'Arnaud Desjardins par Pascale Senk
Diriez vous que vous êtes un gourou?
Arnaud Desjardins : Si j’étais dans un dîner mondain, je n’emploierais certainement pas ce terme, qui est devenu maudit à cause du phénomène des sectes ! Je dirais que je suis écrivain. Si, en revanche, mon interlocuteur semble s’intéresser à la spiritualité, alors oui, je lui dirais que j’ai consacré mon existence à cela : faire diminuer une certaine forme de souffrance. Le "guru", en hindi, c’est à la fois "celui qui a de l’expérience" et "celui qui disperse les ténèbres". Pour moi, c’est l’un des mots les plus précieux qui soient. Il existe dans toutes les civilisations sous des noms différents : c’est le "cheik" en arabe, le "pir" en persan, le maître spirituel à qui l’on s’adresse dans toutes les traditions pour recevoir une éducation émotionnelle et spirituelle. Ce travail intérieur, je l’ai d’abord expérimenté sur moi, grâce à l’aide d’un maître indien, Swâmi Prajnânpad. Depuis 1974, j’enseigne comme lui comment "se transformer de fond en comble".
Et selon vous, les sagesses orientales donnent des clés pour cette transformation ?
Oui, mais pas seulement elles. C’est pour cela que j’ai cherché, partout, dans les groupes Gurdjieff comme dans les Evangiles, dans le bouddhisme tibétain comme chez Maître Eckhart. Et ce qui m’a passionné, c’était de découvrir peu à peu que ces enseignements si différents se rejoignaient sur plusieurs points essentiels, qui sont vraiment des clés pour se transformer. Trois sont fondamentales. C’est d’abord « connais-toi toi-même ». Ensuite, « vis dans l’ici et maintenant ». Enfin, « accepte ce qui est », que mon maître Swâmi Prajnânpad traduisait par : « Il faut dire oui à l’indiscutable réalité de l’instant. »
Vous insistez particulièrement sur cette acceptation inconditionnelle du réel...
C’est cela, la pratique spirituelle, l’ascèse. Cela veut dire s’exercer. Accepter ce qui se passe à l’intérieur de notre être, devenir beaucoup plus présent, attentif, le plus souvent possible et notamment dès que nous nous sentons affectés soit par une émotion négative, soit par une émotion euphorique, qui peut tout autant nous aveugler. Accepter aussi ce qui est. Je me réveille un matin et mon enfant est malade? Je m’exerce à ne pas perdre mon énergie dans des conflits intérieurs, comme : « Mais pourquoi l’ai-je sorti sans manteau hier? Pourvu qu’il n’ait rien! » Non: pas de discussion, pas de décalage avec la réalité. J’appelle immédiatement le médecin. Apparemment, le comportement est le même que pour n’importe qui, mais l’attitude intérieure est totalement différente.
Dis comme cela, ça a l’air simple...
La simplicité, c’est l’aboutissement. Un swâmi hindou, à qui j’avais demandé, lors de l’un de mes premiers voyages en Inde, « qu’est-ce que c’est la spiritualité ? », m’avait répondu dans un éclat de rire: « Quand il pleut, j’ouvre mon parapluie. Quand il cesse de pleuvoir, je le referme. » Voilà : l’acceptation de ce qui est, l’action juste ensuite. Mais pour parvenir à une telle attitude intérieure, le chemin est très long, très difficile.
Pourquoi ?
Parce que nous vivons la plupart du temps dans l’illusion. Les enseignements traditionnels tiennent des propos extrêmement durs sur notre condition humaine ordinaire. Ils parlent "d’aveuglement", de "sommeil" de "non-vérité". Il nous faut sans cesse faire des efforts pour revenir au réel, parce que nous sommes soumis à une certaine forme d’esclavage, celui de notre mental tortueux. Cela, la plupart des chercheurs spirituels ne l’entendent pas vraiment. Or, je le répète: il faut se remettre complètement en cause pour avancer, c’est l’affaire d’une existence entière. Cet engagement sur la voie n’est pas seulement une activité bénéfique que l’on ajouterait à notre existence comme des cours de piano. C’est toute notre existence qui doit se confondre avec la voie spirituelle. Chaque épreuve, chaque moment de ma vie devient alors un point d’appui sur lequel j’exerce ma vigilance et ma compréhension.
Et qu’est-ce qui peut motiver dans cette ascèse si difficile?
L’envie de se développer dans la ligne de l’être, et non dans celle de l’avoir. Et la rencontre directe avec des personnes qui ont déjà accompli ce travail. Vous savez, Swâmi Prajnânpad, mon guru, n’était à peu près rien, socialement parlant. Mais nous, ses quelques disciples français qui avions des moyens financiers, eh bien je peux vous dire que nous étions des mendiants à côté de lui, des infirmes du cœur... Un jour, je l’ai vraiment compris. Je sortais de l’ORTF, où je travaillais, et il pleuvait des trombes. Je ratai le bus. Mon mental se mit à tourner en vrille. Intérieurement, je ne cessais de me plaindre : « Pourquoi dois-je vivre ça, à attendre sur le trottoir, après une journée de travail, etc. ». A ce moment-là, un producteur très célèbre à l’époque est passé devant moi, confortablement installé dans sa limousine. Je râlais de plus belle : « Oui, évidemment, moi je suis sur le trottoir, trempé, pendant que d’autres... » Et soudain, du plus profond de moi, une question est montée : « Arnaud, de quoi as-tu le plus envie dans ta vie ? Veux-tu ce que possède ce producteur ou bien ce que vit Swâmi Prajnânpad ? » Eh bien, la réponse, évidente, ne s’est pas fait attendre. Et je me suis immédiatement apaisé.
De ce qu’avait votre maître, que désiriez-vous?
La liberté, la plénitude, la présence. Il était comblé et ne demandait rien. C’était lui le plus riche d’entre nous. Et ce qui dominait chez lui, comme chez tous les maîtres authentiques que j’ai approchés, c’est l’amour. Non pas "l’amour émotion" dans son sens galvaudé d’aujourd’hui, mais un amour profond, une bienveillance, un sentiment qui a à voir avec la bonté, l’intelligence du cœur. Ma fille, qui avait 4 ans à l’époque, a demandé à celui que nous appelions Swâmiji s’il possédait des pouvoirs miraculeux comme certains yogis. Il lui a répondu : « Infinite love, infinite patience » (« Amour infini, patience infinie »). Aujourd’hui, je réalise à quel point c’était vrai. Donc, c’est cela qui motive: trouver quelqu’un qui vous donne envie de ce qu’il est et non de ce qu’il a.
Vous avez expérimenté cette transformation promise par les enseignements spirituels. De quoi est-elle faite?
Je dirai d’abord qu’il y a une diminution de l’égocentrisme et que, donc, notre perception du monde, des autres, devient plus vaste. Il y a aussi la disparition progressive de ces émotions qui sont toujours liées à « moi, mes souffrances; moi, mon bonheur; moi, ma réussite » ; la neutralisation de toutes sortes de pensées inutiles qui sont des projections, des peurs, des illusions; et ainsi de plus en plus d’ouverture spontanée et aisée aux autres, de plus en plus de présence au moment présent.
Et cela, même dans les pires circonstances?
Oui. En juillet 2000, j’ai eu un gros problème, un œdème pulmonaire aigu. Peu à peu, je sentais l’eau monter dans mes poumons comme si j’allais mourir noyé. Les secours n’arrivaient pas. Jusque-là, je ne savais pas si je serais capable de « dire oui à la mort ». Et bien, après toutes ces années d’exercice de l’acceptation, je n’ai pas résisté. J’étais calme, entièrement prêt à cette nouvelle expérience. Ce que nous enseignent les spiritualités, « vivre dans le climat du oui », opérait encore. En cela, je veux témoigner: même si j’ai réalisé tous mes rêves d’enfant, comme celui de réussir, d’avoir du succès, de connaître des gens célèbres, de voyager, l’aventure qui de loin reste la plus importante, celle qui surpasse toutes les autres, c’est cette transformation intérieure.
A propos d’Arnaud Desjardins
Avant d’être une quête, la vie d’Arnaud Desjardins a d’abord été menée par le goût de l’enquête. Très touché dans ses jeunes années par la lecture des livres de la collection “Spiritualités vivantes”, qu’avait fondée Jean Herbert aux éditions Albin Michel, ce jeune fils de protestants austères n’avait de cesse de vouloir vérifier si les sages dont parlaient les textes existaient vraiment.
Devenu réalisateur de télévision, il entreprend son premier voyage en Inde en 1959 à bord d’une Peugeot Break. C’est pour lui le début d’une série de rencontres avec des hommes et des femmes remarquables, comme Swâmi Ramdas ou Mâ Anandamayi. En 1965, il rencontre celui qui sera son maître, Swâmi Prajnânpad. En 1968, l’ORTF diffuse ses films (“Ashrams”, “Le Message des Tibétains”). Arnaud Desjardins devient célèbre. Pendant quelques années, il se partage entre sa carrière professionnelle, sa vie familiale - il a eu deux enfants avec Denise Desjardins et une liaison médiatisée avec Dalida - et sa quête spirituelle, qui l’amène à faire de fréquents séjours en Asie.
En 1974, son maître l’encourage à ouvrir un ashram. Depuis cette date, Arnaud Desjardins se consacre à la transmission de ce qu’il a appris. A Hauteville, en Ardèche, il accueille à la fois des personnes en recherche spirituelle et des philosophes ou des représentants de diverses religions, qui souhaitent partager ensemble l’essentiel des spiritualités, dans un profond souci de tolérance et d’ouverture à l’autre.
Pascale Senk / Psychologies.com
11:15 Publié dans 17. Arnaud Desjardins et Swâmi Prajnânpad, 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, méditation, bien-être
23 novembre 2007
Des émotions, des détails
Les émotions sont une matière première sur laquelle vous pouvez travailler. Ne les étouffez pas, ne les réprimez pas, mais transformez-les, purifiez-les. (page 75)
L’Absolu est en l’homme. L’homme est une expression ou une manifestation de l’Absolu… Le moindre détail de l’existence devient sacré et se trouve éclairé par la spiritualité. (page 82)
Rien n’est trivial, rien. (page 83)
POUR UNE VIE REUSSIE: UN AMOUR REUSSI, Arnaud DESJARDINS
Editions de la Table Ronde, 1986; en livre de Poche, 2006
16:20 Publié dans 17. Arnaud Desjardins et Swâmi Prajnânpad, 23. A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yoga, méditation, bien-être






