17 avril 2008

Eveil

1242003860.2.jpgOn demandait à Bodhidharma : « Où se trouve le lieu de l'éveil? » et il répondit:

  « Le lieu où l'on marche est le lieu de l'éveil, le lieu où l'on est cou­ché est le lieu de l'éveil, le lieu où l'on est assis est le lieu de l'éveil, le lieu où l'on se tient debout est le lieu de l'éveil. Lever ou abaisser le pied, tout cela constitue le lieu de l'éveil. »

Le Traité de Bodhidharma

22 novembre 2007

Le corps que l'on EST

" Il est curieux de voir le corps jouer en Extrême Orient, où l'on considère l'incarnation comme un mal fondamental, un rôle déterminant comme instrument de transparence transcendentale, alors que l'Occident chrétien, centré sur l'incarnation de l'Esprit, voit dans le corps, un adversaire, un obstacle et un perturbateur sur la voie du salut. Le corps a pour l'Occident, en mettant les choses au mieux, une importance profane et pragmatique. Il semble éloigné donc, de toute réalité spirituelle.
 
Comment s'étonner, alors, que les exercices corporels de l'ancien Orient, introduits en Occident, le Hatha Yoga par exemple, soient enseignés et pratiqués surtout comme une sorte de gymnastique. Ainsi exercés à faux, ils sont détournés de leur vrai sens, c'est à dire de leur sens initiatique. Le corps s'entend chez nous dans le seul sens d'instrument pour subsister dans le monde, y faire son chemin et y réaliser un travail. C'est ainsi qu'il est "exercé", c'est-à-dire entraîné et traité comme une machine qui doit être tenue en bon état, solide, souple et bien "huilé" afin de fonctionner avec efficacité et sans accroc. En fait, un tel traitement concerne seulement le corps que l'on "a".
 
Quelque chose de tout à fait différent se produit quand, au lieu d'exercer son corps en vue de son fonctionnement et de son rendement, on essaye de le mettre au service de la transformation intérieure. Il ne s'agit plus là, bien sûr, du corps que l'on "a", mais du corps que l'on "est". Ceci constitue déjà une différence décisive dans toute thérapie qui s'adresse à la personne et non pas simplement au corps ».  

Extrait de L'homme et sa double origine  (K.G. Durckheim)

13 août 2007

Râja yoga

Râja-Yoga : Les premiers pas  (extraits des p.366 à p.371)

Celui qui enseigne une science permettant d'accroître les jouis­sances sensorielles trouvera des multitudes prêtes à l'écouter.d221b73399c32f60ecdd5c732f82ee6e.jpg Si l'on veut montrer le but suprême, on ne trouve au contraire qu'un petit nombre d'auditeurs. Très peu sont capables de saisir ce qu'il y a de plus élevé; moins encore ont la patience d'y parvenir. Mais certains aussi savent que même en prolongeant de mille ans la vie de notre corps, le résultat final serait encore le même. Lorsque s'en vont les forces qui le soutiennent, le corps nécessairement se désagrège. Nul homme au monde n'a jamais pu empêcher son corps de changer, même un seul instant. Le corps est le nom d'une série de changements. Dans un fleuve, les masses d'eau changent à chaque ins­tant sous vos yeux, et de nouvelles masses arrivent, qui reprennent pourtant les mêmes apparences; il en est de même pour notre corps. Et pourtant il faut conserver notre corps sain et vigoureux, car c'est le meilleur instru­ment dont nous disposions.

(...)

Si nous revenons à notre sujet, nous arrivons mainte­nant à prânâyâma, la respiration dirigée. Qu'est-ce que cela peut avoir à faire avec la concentration des forces de l'esprit? La respiration est comme le volant du moteur qu'est notre corps. Dans une grosse machine, vous voyez le volant tourner le premier, puis transmettre son mou­vement à des mécanismes de plus en plus légers jusqu'à ce que finalement, les rouages les plus délicats et les plus minuscules se mettent aussi à fonctionner. La respiration est le volant qui fournit et régularise la force motrice pour tout ce qui fait partie du corps. 

Il y avait une fois, à la cour d'un grand roi, un minis­tre qui tomba en disgrâce. Le roi, pour le punir, le fit fermer à l'étage supérieur d'une très haute tour. Et on laissa le malheureux ministre y attendre la mort. Il avait toutefois une épouse très dévouée, qui vint pendant la nuit au pied de la tour et demanda à son mari si elle pouvait faire quelque chose pour le secourir. Il lui dit de revenir la nuit suivante avec une longue corde, de la ficelle solide, du gros fil, du fil de soie, un scarabée et un peu de miel. Très intriguée, la femme obéit docilement à son mari et lui apporta ce qu'il avait indiqué. Il lui dit alors d'attacher solidement une extrémité du fil de soie au corps du scarabée, de lui enduire les antennes d'une goutte de miel, et de le lâcher sur le mur de la tour, face en haut. La femme exécuta toutes ces instructions et l'insecte commença son long voyage. Sentant le miel devant lui, il grimpa lentement avec l'espoir de l'attein­dre. Finalement il parvint au sommet de la tour, où le ministre le saisit et s'empara ainsi du fil de soie. Il deman­da alors à sa femme d'en attacher l'autre extrémité au gros fil de lin qu'elle avait apporté. Quand il eut amené à lui ce dernier, il recommença avec la ficelle, puis avec la corde. Le reste fut facile. Il descendit de la tour le long de la corde et put s'enfuir. Dans notre corps, la respiration est le « fil de soie ». Si nous nous en emparons et si nous apprenons à la diriger, nous saisissons le gros fil des courants nerveux, puis la ficelle de nos pensées, et finalement la corde de prâna, grâce à laquelle nous con­quérons notre liberté.

 De notre corps nous ne savons rien et nous ne pouvons rien savoir. Tout au plus pouvons-nous prendre un cada­vre et le disséquer. Il y a même des gens qui peuvent prendre un animal et le découper vivant pour voir ce qui se passe à l'intérieur de son corps! Mais cela n'a rien à voir avec notre propre corps, dont nous savons fort peu de chose. Pourquoi sommes-nous à ce point ignorants? Parce que notre attention n'a pas assez de discernement pour saisir les mouvements très subtils qui se déroulent à l'intérieur. Nous ne pouvons en avoir connaissance que lorsque l'esprit s'affine et pénètre, pour ainsi dire, plus profondément dans le corps. Pour arriver à ces perceptions plus subtiles, il nous faut commencer par celles qui le sont moins. Nous devons nous rendre maître de ce qui met en marche toute la machine. C'est le prâna, dont la manifestation la plus apparente est le souffle. Puis, avec le souffle, nous pénétrerons lentement dans le corps, ce qui nous permettra de sentir les forces subtiles que sont les courants nerveux parcourant tout le corps. Dès que nous les percevons et que nous apprenons à les sentir, nous commençons à pouvoir les diriger et aussi à pouvoir dominer le corps. L'esprit est également mû par ces diffé­rents courants nerveux, et finalement nous parvenons à l'état de parfaite maîtrise du corps et de l'esprit; l'un et l'autre deviennent nos serviteurs. La connaissance est puissance. Nous devons acquérir cette puissance, aussi devons-nous commencer par le commencement, par le prânâyâma, et nous rendre maître du prâna. 

Ce prânâyâma est un sujet complexe ef7c2bcd690a22d5d897222579de382ca.jpegt il nous faudra plusieurs leçons pour en donner une explication détaillée.(*) Nous en prendrons les différentes parties successivement. Nous verrons peu à peu les raisons de chaque exercice, et aussi quelles forces sont mises en action dans le corps.

Tout cela viendra, mais il faut pratiquer ces exer­cices avec constance, et la preuve se fera par la prati­que même. Tous les raisonnements que je pourrais vous faire ne vous prouveront rien tant que vous n'en aurez pas fait la démonstration par vous-même. Dès que vous commencerez à sentir ces courants circuler dans tout votre corps, vos doutes se dissiperont, mais il faut s'as­treindre à pratiquer chaque jour. 

(...) 

Ceux qui ne peuvent pas s'offrir une pièce exclusivement réservée à leurs exercices peuvent les pratiquer n'importe où ils veulent. Asseyez-vous avec le buste bien droit et commencez avant tout par envoyer un flot de pensées saintes à toute la création. Répétez intérieurement: «  Que tous les êtres soient heureux; que tous les êtres soient en paix; que tous les êtres jouissent de la béatitude. » Dirigez cette pensée vers l'est, vers le sud, vers le nord et vers l'ouest.. Plus vous le ferez et mieux vous vous sentirez. Vous découvrirez finalement que la manière la plus facile de se bien porter est de veiller à la santé des autres - que la manière la plus facile de trouver le bonheur est de nous assurer que les autres soient heu­reux.

Après avoir fait cela, ceux qui croient en Dieu de­vraient prier. non pour demander de l'argent ou la santé ou le paradis, mais pour demander la connaissance et la lumière. Tout autre prière est égoïste. Après cela, il faut penser à votre propre corps, veiller à ce qu'il soit sain et vigoureux, car c'est le meilleur instrument que vous ayez. Pensez à lui comme étant aussi solide que le diamant; pensez qu'avec l'aide de ce corps vous allez traverser l’océan de la vie. La liberté n'est jamais conquise par les faibles; dépouillez toute faiblesse: dites à votre corps qu'il est vigoureux, dites à votre esprit qu’il est fort, et ayez en vous-même une foi et une espérance sans bornes.

Les Yogas pratiques, Vivekananda, collection Spritualités vivantes, Albin Michel 

 

* J'ai publié récemment deux articles sur la respiration complète: vous les retrouverez

 ici  (Van Lysebeth) et  là  (comment pratiquer) 

Remarque: Pour la pratique détaillée des différents pranayamas, il vaut mieux les premiers temps avoir un guide et pratiquer avec un enseignant reconnu et expérimenté. 

05 août 2007

Karma Yoga

Le mot karma est dérivé de la racine sanskrite kri, faire. Il englobe plusieurs aspects: l'action elle-même, les conséquences des actions et les effets dont nos actions passées ont été les causes. Dans l'étude du Karma-Yoga, il faut considérer le mot karma uniquement dans le sens d'action ou travail. Ainsi, tout ce que nous faisons, que ce soit physiquement ou mentalement, est karma, et laisse sur nous une empreinte. Dans l'idéal du Karma-Yoga, l'action est accomplie par sens du devoir, sans but égoïste, en abandonnant tous les actes à Dieu et en se détachant de tout ce qu'ils peuvent apporter en retour: argent, gloire, renommée, un meilleur avenir, etc. La Bhagavad-Gita dit: "Tu as le droit de remplir tes devoirs mais pas de jouir des fruits qui en résultent". 

L'histoire décrite ci-après, tirée du Mahabharata (Vana Parvan, CCV) illustre cet idéal du Karma-Yoga: 

Un jeune sannyasin, moine mendiant, s'était retiré dans la forêt, où il avait longtemps médité, adoré et pratiqué le yoga. Après des années d'exercice et de dur labeur, un jour qu'il était assis sous un arbre, quelques feuilles mortes tombèrent sur sa tête. Il leva les yeux et vit un corbeau et une grue qui se battaient au sommet de l'arbre. Il en fut fort irrité et s'écria: "Quoi! Vous osez jeter des feuilles sur ma tête!" Comme en disant ces mots il lançait un regard plein de colère, un trait de feu jaillit de sa tête (tel était le pouvoir que le yogin avait acquis) et réduisit en cendres les deux oiseaux. Il éprouva du plaisir, presque une joie débordante, à constater les pouvoirs qu'il possédait: d'un regard il avait pu brûler le corbeau et la grue! 

Un peu plus tard il dut aller à la ville pour mendier son pain. Il y alla, s'arrêta devant une porte et dit: "Mère, donne-moi à manger." De l'intérieur de la maison il entendit une voix: "Attends un instant, mon fils. - Maudite femme, pensa le jeune homme, comment oses-tu me faire attendre? Tu ne connais pas encore mon pouvoir!"

Pendant qu'il avait ces pensées, la voix se fit entendre de nouveau: "Mon garçon, ne pense pas trop à toi-même, il n'y a ici ni corbeau ni grue." Il fut stupéfait et dut continuer d'attendre. Lorsque, finalement, la femme sortit de chez elle, il se prosterna devant elle et lui demanda: "Mère, comment savais-tu cela?

- Mon garçon, répondit-elle, je ne connais ni ton yoga ni tes pratiques. Je suis une femme très ordinaire. Je t'ai fait attendre parce que mon mari est malade et que je le soignais. Pendant toute ma vie je me suis efforcée de faire mon devoir. Avant de me marier, je faisais mon devoir envers mes parents; maintenant que je suis mariée, je l'accomplis envers mon mari; c'est là tout mon yoga. Mais en remplissant ainsi mon devoir, j'ai reçu l'illumination; c'est ainsi que j'ai pu lire dans ta pensée et savoir ce que tu avais fait dans la forêt. Si tu veux apprendre quelque chose de plus élevé que ceci, va au marché de telle ville; tu y trouveras un vyadha (membre de la caste la plus basse de l'Inde; caste de chasseurs et bouchers) qui t'enseignera quelque chose que tu seras très heureux de savoir. 

- Pourquoi irais-je dans cette ville-là, pensa le sannyasin, et pourquoi irais-je chercher un vyadha ?" Mais après ce qu'il avait vu, son esprit s'était quelque peu ouvert et il fit ce que la femme lui avait conseillé. Lorsqu'il arriva près de cette ville, il trouva le marché et il vit de loin un gros et gras vyadha qui découpait des quartiers de viande avec de grands couteaux, qui parlait et marchandait avec différents acheteurs. Le jeune homme se dit: "Que le Seigneur me vienne en aide! Est-ce de cet homme que je vais apprendre quelque chose? C'est certainement l'incarnation d'un démon, pour le moins!" Mais le vyadha leva les yeux et lui dit: "Swami, est-ce cette femme qui t'a dit de venir me voir? Assieds-toi en attendant que j'aie fini mon travail. 

Que m'arrive-t-il?" se demanda le sannyasin. Il s'assit et le boucher continua son travail. Quand tout fut terminé, celui-ci ramassa son argent et dit au sannyasin: "Viens Seigneur, viens chez moi." 

Lorsqu'ils furent arrivés, le vyadha lui offrit un siège, lui demanda de l'attendre, et entra dans la maison. Il fit la toilette de son vieux père et de sa vieille mère, leur donna leur repas, et fit tout ce qu'il put pour leur être agréable; après quoi il revint vers le sannyasin et lui dit: "Tu es venu me voir, Seigneur, que puis-je faire pour toi?" Le sannyasin lui posa quelques questions sur l'âme et sur Dieu, et le vyadha lui fit ce discours appelé Vyadha- Gita qui se trouve dans le Mahabharata. 

Lorsque le vyadha s'arrêta de parler, le sannyasin était stupéfait. "Pourquoi, lui dit-il, es-tu dans ce corps-là? Avec la connaissance que tu possèdes, pourquoi es-tu dans un corps de vyadha? Pourquoi fais-tu ce travail affreux et dégoûtant? - Mon fils, répondit le vyadha, nul devoir n'est affreux, nul devoir n'est dégoûtant. Ma naissance m'a placé dans ces circonstances et dans ce milieu. Dans mon enfance j'ai appris ce métier; je suis sans attachement et j'essaye de bien remplir mon devoir. J'essaye de faire mon devoir comme chef de famille, et j'essaye de faire tout mon possible pour rendre heureux mon père et ma mère. Je ne connais pas ton yoga et je ne me suis pas fait sannyasin; je n'ai pas non plus abandonné le monde pour me retirer dans la forêt. Néanmoins, tout ce que tu as vu, tout ce que tu as entendu, m'est venu parce que j'ai exécuté sans attachement les devoirs qui sont ceux de mon métier."

Extrait de "Les Yogas Pratiques", Swami Vivekananda, Ed. Albin Michel, Paris, 1939

01 juin 2007

Etre une flamme

 

6448d7edbf48a69cdc6db6f3e28ffaef.jpg " Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres "

 

 

Lao Tseu         

14 avril 2007

La respiration yogique complète

Le grand André Van Lysebeth affirmait que la respiration yogique complète est la seule normale puis­qu'elle englobe en un seul processus les diverses façons partielles de respirer:

« a) la respiration abdominale, provoquée par l'aplatisse­ment et l'abaissement du diaphragme;

b) la respiration costale, réalisée par l'écartement des cô­tes;

c) la respiration claviculaire, ou respiration haute, produi­te par le soulèvement du sommet du thorax. »

Comment apprendre, en pratique, cette respiration?

Ecoutons-le lorsqu'il nous explique comment procéder.

medium_Van_Lysebeth1.2.jpg« Une bonne respiration commence non seulement par une expiration complète et lente, mais aussi que cette EXPIRATION parfaite est la condition sine qua non d'une inspiration correcte et complète, pour la raison bien simple qu'on ne peut remplir un récipient que s'il a été préalablement... vidé! Impossible de bien respirer si nous n'expirons pas d'abord à fond. »

Une fois cet air résiduel réduit au maximum, la respiration yogique complète peut commencer. Elle englobe les trois modes de respiration qu'elle intègre en un seul mouvement ample et rythmé.

« L'apprentissage se fera couché sur le dos de préférence. »

En voici en raccourci les diverses phases.

Tout d'abord l'inspir: 

« Commencez par une inspiration lente et profonde du ven­tre, et lorsque vous sentez que celui-ci ne peut se gonfler davantage, écartez les côtes et faites pénétrer encore plus d'air dans les poumons. Quand les côtes sont ouvertes au maximum, soulevez les clavicules pour faire entrer encore un peu d'air. Vous êtes, cette fois, rempli d'air au maxi­mum. Toutefois, il ne faut pas vous gonfler comme un pneu, cela doit rester aisé et confortable.

Evitez de contracter les muscles des mains, ou ceux du visage ou du cou, spécialement pendant la dernière phase (claviculaire) de la respiration. Les trois mouvements, comme nous l'avons dit au début, doivent s'exécuter en «fondu enchaîné» tout en restant nettement distincts et discernables pour un observateur extérieur. »

Durant toute l'inspiration l'air doit entrer progressivement, sans saccades, en flux continu. Vous ne devez faire aucun bruit en respirant. Il est essentiel de respirer silencieuse­ment.

TRES IMPORTANT: votre esprit doit être concentré entiè­rement sur l'acte respiratoire. »

Puis l'expir:

« Quand vous avez empli les poumons complètement, expirez dans l'ordre de l'inspiration, toujours lentement, sans saccades ni effort. Bien rentrer l'abdomen à la fin de l'expi­ration. Recommencer ensuite à inspirer de la même façon. Vous pouvez prolonger cet exercice autant que vous le désirez. Il ne doit provoquer ni gêne, ni fatigue. »

Puis Van Lysebeth nous rappelle qu'on peut pratiquer à tout moment, au travail, en marchant, partout. Qu'il est très important de respirer consciemment et aussi complètement que possible. Peu à peu, cette respiration deviendra facile et s'améliorera au fur et à mesure du temps passé à pratiquer. Il est bon de réserver cha­que jour un moment, par exemple le matin au réveil, le soir avant de s'endormir, pour pratiquer pendant quelques minutes. 

« Quand vous vous sentirez fatigué, déprimé, découragé, fai­tes quelques respirations complètes: votre fatigue dispa­raîtra comme par enchantement, votre mental s'en ressenti­ra et vous vous remettrez au travail avec un entrain re­nouvelé. »

Tout comme l'expiration, l'inspiration doit être silencieuse, lente, continue et aisée. Inutile de se gonfler comme un ballon, ne jamais forcer.

Puis Van Lysebeth nous met en garde contre une erreur assez répandue : après avoir gonflé le ventre en aplatissant le diaphragme, certaines personnes cessent de faire entrer de l'air à ce moment et rétractent le ventre comme pour faire remonter l'air dans le haut des poumons, du moins le croient-elles.

Quels sont les bénéfices liés à la pratique de la RESPIRATION DIAPHRAGMATIQUE?

Tout d’abord , cette respiration est extrêmement relaxante. 

Ensuite elle améliore de façon remarquable la circu­lation générale. En effet le diaphragme se comporte comme un second cœur : ses mouvements de piston aspirent du sang veineux en abondance, alimentant le cœur proprement dit en sang par l'arrière, et massant de façon très efficace – massage à la fois doux et puissant - les organes abdominaux. 

Le foie est décongestionné et la vésicule évacue la bile en temps opportun, ce qui prévient la formation des calculs. La rate, l'estomac, le pancréas, et tout le tube digestif sont massés et tonifiés. Les stases sanguines sont éliminées. Les «glou-glou» entendus pendant la pratique sont un excellent indicateur de l'activation du péristaltisme digestif ! 

Avec l'entraînement, cette respiration devient rapidement de plus en plus ample et souple, relaxée et rythmée. Au début elle était saccadée et difficile, du moins chez les personnes tendues. Elles seront surprises de leurs progrès rapides et de la paix qui s’installe en elles durant la pratique et dure encore de longues heures après ! 

Cette respiration décongestionne tout le plexus solaire, notre cerveau abdominal végétatif  dont l'importance nous échappe trop souvent. Toute notre anxiété se cristallise à cet endroit, ce qui explique l'effet calmant et apaisant de la respi­ration abdominale. 

Remarque: chez les personnes respirant habituelle­ment seulement du haut des poumons, la respiration yogique complète provoque une sensation de vertige, anodine mais déplaisante. Pourquoi ? 

L'effet de succion aspire littéralement le sang veineux du cerveau ce qui est très favorable. Toutefois chez les person­nes légèrement hypotendues, cette légère baisse de tension intra-cérébrale entraîne une sensation de vertige.

Comment y remédier: rien de plus simple !

« Il suffit d'amener les jambes à la verticale, donc perpendiculairement au tronc puisque l'on pratique couché; la tension se rétablit aussitôt et le vertige s'efface instantanément. » Et ce ne sera pas une raison d’interrompre la pratique, car « en peu de jours l'organisme s'y adapte et ce léger inconvénient anodin disparaît. »

Pour conclure, n'oublions pas que:

« Oui, respirer c'est vivre. Mais respirer lentement c'est vivre longtemps. Et en bonne santé. »

 

J’apprends le yoga. André van Lysebeth. Ed. Flammarion

29 mars 2007

Les Yoga-Sutras de Patanjali

Il est difficile de situer très exactement le Yoga-­Sutra, mais, que Patanjali ait existé en tant que personne, ou qu'il représente un courant de pensée, que ce soit deux siècles avant notre ère ou quatre siècles après, l'enseignement du Yoga exposé dans les Sutras codifie une pratique traditionnelle d'une très grande ancienneté. 

Le mot Sutra, en sanscrit, désigne le fil du collier et, par extension, le fil conducteur d'un raisonne­ment, d'un exposé. Il évoque aussi les perles du collier, et désigne alors les 195 aphorismes qui constituent le traité. On parle donc aussi des Yoga ­Sutras. 

Dans tous les enseignements spirituels en Inde, existent ces résumés, sortes d'aide-mémoire destinés à être appris par cœur et expliqués par le maître, leur brièveté les rendant souvent difficilement com­préhensibles sans commentaires. 

Si on ajoute que le sanscrit, la plus ancienne de toutes nos langues indo-européennes, ouvre, pour chaque mot, un large éventail de sens, on compren­dra que la lecture du Yoga-Sutra ne peut se faire qu'à la lumière de la pratique, celle-ci éclairant celle-là et vice versa. C'est tout le sens du mot Svadhyaya, qui est à la fois étude des textes sacrés et connaissance de soi.  (...) 

En effet, depuis des millénaires, la pratique du Yoga a pour but la liberté: se libérer de la loi du Karma ou loi de la cause et de l'effet, se délivrer des entraves de la condition humaine, devenir un Jivan Mukta, un éveillé vivant. Le quatrième chapitre des Sutras 1 développe l'ultime étape de ce chemin de transformation.

Pour nous, Occidentaux, le message des Sutras me paraît davantage résider dans la relation avec les autres, qui passe par la relation avec soi-même.

L'immense richesse de ce texte est utilisable au quotidien, dans notre vie physique et psychique, personnelle et relationnelle, et constitue une ouver­ture privilégiée à la vie spirituelle.

Avec un souci du détail permanent, Patanjali explore l'univers psychomental et nous donne un moyen simple, concret, merveilleusement efficace, pour devenir plus conscients, plus vigilants, plus aptes à vivre chaque instant dans sa plénitude.  (...) 

Le Yoga-Sutra est réparti en quatre livres ou chapitres, les Pâdais : Samâdhi Pâda; Sâdhana Pâda; Vibhûti Pâda; Kaivalya Pâda.

Extrait de l'introduction de Françoise Mazet, traductrice des Yoga-Sutras de Patanjali 

 

Extraits des Yoga-Sutras de Patanjali

Samadhi pada (livre 1) 

2. Le Yoga est l’arrêt des perturbations du mental 

12. L'arrêt des perturbations du mental s'obtient par une pratique intense, dans un esprit de lâcher-prise.

13. En l'occurrence, cette pratique intense est un effort énergique pour se centrer.

14. Mais elle n'est une base solide que si elle est pratiquée avec ferveur, persévérance, de façon ininterrompue, et pendant longtemps.

30. La maladie, l'abattement, le doute, le déséquilibre mental, la paresse, l'intempérance, l'erreur de juge­ment, le fait de ne pas réaliser ce qu'on a projeté, ou de changer trop souvent de projet, tels sont les obstacles qui dispersent la conscience. 

31. La souffrance, l'anxiété, la nervosité, une respiration accélérée accompagnent cette dispersion du mental.

33. L'amitié, la compassion, la gaieté clarifient le men­tal; ce comportement doit s'exercer indifféremment dans le bonheur et le malheur, vis-à-vis de ce qui nous convient, comme vis-à-vis de ce qui ne nous convient pas. 

34. L'expir et la suspension de la respiration produisent les mêmes effets.

traduit du sanscrit par Françoise Mazet,
Yoga-Sutras de Patanjali,
collection 'Spiritualités vivantes',
chez Albin Michel 

14 mars 2007

Calme

Quand la respiration est instable, le mental est instable; quand la respiration est stable, le mental est stable et le Yogi atteint l’immobilité. C’est pourquoi l’on doit maîtriser la respiration.

Hatha Yoga Pradipika - Chapitre II

08 mars 2007

Le yoga c'est quoi? (II)

Le Yoga ( योग en devanāgarī) ce terme sanskrit signifie la science de la fusion du corps et de l'esprit vers l'unité et la paix intérieure.
En des temps immémoriaux, le yoga se pratiquait de façon individuelle et isolée ; la datation devient plus manifeste lorsque le yoga s'institutionnalise au travers d'ouvrages de référence codifiant les principales lignes du yoga : la Bhagavad-Gîtâ (IV° siècle avant notre ère) et les Yoga Sutras (entre le II° et le IV° siècle de notre ère).

Du point de vue occidental, le yoga est souvent perçu par les non-pratiquants comme un loisir relaxant favorisant l'étirement, l'assouplissement ou le renforcement des muscles; mais du point de vue indien, le yoga accède au rang de science de l'esprit, où la philosophie joue un rôle aussi déterminant que la pratique physique. Cette discipline, au fil des siècles, a évolué en donnant le jour à de nombreuses écoles permettant ainsi à tous les tempéraments de s'exprimer.

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14 février 2007

Le yoga de Patanjali

Philosophe indien (situé entre 250 av. JC et 400 après JC.), Patanjali fut le premier à rénover l'ancienne tradition du Yoga hindou en s'inspirant du Samkhya et des textes hindous de la Bhagavad Gita. Il nous a laissé un traité structuré de ses pratiques: les Yogas Sutras.

L'ayurveda

Le yoga est fondé en partie sur la médecine traditionnelle de l'Inde, l'Ayurvéda. Ce un système médical holistique, considéré comme le plus ancien de l'histoire humaine par les anthropologues, cherche à guérir la personne en l'aidant à retrouver son équilibre, la cause de la maladie étant le malade et non la maladie elle-même. En ce sens, elle rejoint les approches modernes de la psychosomatique occidentale.

La médecine ayurvédique utilise l'approche symbolique pour tenter de comprendre la maladie psychique et physique. Chaque personnalité est décrite comme un composé en proportions variables des éléments primordiaux, l'espace et l'air, le feu, l'eau et la terre. La clef de voûte de la médecine ayurvédique est la constitution individuelle (ou Prakriti). On retrouve en occident la caractérologie de René le Senne, qui mettra en place une classification des types psychologiques humains, ou les symboliques de C. G. Jung ou de Wilhelm Reich. Dans la médecine Ayurvédique, la typologie s'étend au biologique, au physique et au psychique de l'humain.

Les vivants, êtres de lumière

Pour les yogis l'énergie vitale appelée prâna circule dans des canaux de transmission, les nadis, et est captée par le biais de centres énergétiques, les chakras. Ces concepts énergétiques sont très similaires à ceux de la médecine chinoise et de l'acupuncture. Le prana, ou énergie vitale proche de l'orgone de Reich, serait une énergie bioélectrique circulant dans la structure atomique du vivant.

De nos jours, Fritz Popp, biophysicien de réputation mondiale et directeur d’un centre de recherche en Allemagne, a montré que les cellules vivantes, animales ou végétales, émettent des rayonnements électromagnétiques d’une puissance infime mais d’une cohérence telle, qu’elles sont capables de différencier des signaux ultra-faibles noyés dans le brouillard électromagnétique. Ce facteur de cohérence dévoile par ailleurs la précision inimaginable avec laquelle s’effectue la transmission des informations au sein des tissus vivants. Et ces émissions proviennent de l’ADN!

Les cellules ont peut-être toujours su détecter la lumière. Dans son livre Biologie de la Lumière, Fritz Popp met d'ailleurs en évidence les correspondances entre les rayonnements cellulaires d’une part, très ténus mais réels et universels, et les rayonnements solaires d’autre part. Dans cet ouvrage, la cellule apparaît comme un accumulateur d’énergie solaire.

Quant à Rupert Sheldrake, éminent biologiste de l'université de Cambridge, il a découvert ce qu'il nomme les champs morphogénétiques, des champs énergétiques à l'origine de l'organisation de la matière. Des études en laboratoires attestent que ces champs impliqueraient une modification du comportement des végétaux, des animaux et des êtres humains.

Energie et blocages 

Dans l'approche yoguique, les chakras sont les principaux centres énergétiques par lesquels le corps échange son énergie bioélectrique avec l'énergie électromagnétique de l'environnement. Ces centres d'entrée et de sortie de l'énergie sont symbolisés par des fleurs fermées ou ouvertes en fonction du degré d'évolution du pratiquant. Les chakras sont au nombre de sept, chacun ayant une localisation spécifique, l'énergie parcourant un réseau énergétique vertical de bas en haut.

Ces zones énergétiques rappellent les travaux de Reich sur les cuirasses musculaires et les sept plexus. En étudiant les névroses, Reich découvre une répression des besoins sexuels et cela dès l'enfance. Selon le moment et l'intensité de la répression des pulsions par l'entourage de l'enfant, se constituent différentes cuirasses caractérielles: « La cuirasse caractérielle est une stratification, une sorte d'enkystement de toutes les expériences passées, de toutes les forces de défense mises en place par le sujet, c'est la forteresse derrière laquelle chacun se retranche pour organiser ses résistances. »

Proche de l'approche Reichienne, le système des chakras représente sept zones où des blocages bioénergétiques peuvent survenir à cause de blocages psychiques de la circulation de l'énergie du coccyx au sommet du crâne. Ces blocages sont responsables de troubles neurovégétatifs et de maladies psychosomatiques.

La pratique du Yoga

Assez proche du training autogène de Schultz, le yoga permet toutefois d'obtenir une meilleure intégration du schéma corporel et une plus grande maîtrise émotionnelle. Le Yoga diffère de la technique de Schultz dans le sens où il respecte les résistances et ne substitue pas par la suggestion la volonté du praticien à celle du patient. Proche de la psychanalyse sur ce point, le Yoga tente de rétablir une autorégulation chez l'individu.

En Yoga, la détente n'est pas un processus dynamique mais se rapproche plus de l'eutonie de Gerda Alexander. Au lieu de rechercher une diminution du tonus musculaire, le but de la pratique est d'obtenir le juste degré de tension nécessaire à l'exécution d'un exercice. On met l'accent sur le ressenti de la perception précédant le ressenti de la tonicité, permettant ainsi de différencier le schéma corporel et la conscience du corps.

On connaît l'importance majeure du vécu corporel chez le malade mental, la brusquerie et l'irrégularité des mouvements de la posture, ces troubles de l'action étant le résultat de traumas antérieurs dont le corps se fait l'écho. Le Yoga permet d'agir dans le sens de la restructuration du champ corporel chez des sujets présentant un début de symptômes psychosomatiques. Le yoga comporte des postures renversées, debout, couchées ou assises, centrées, décentrées, pliées, en torsion, etc. afin de reconstruire l'individu et sa relation au monde extérieur.

Méthode d'évolution personnelle

Le Yoga est non seulement une méthode thérapeutique mais aussi une voie de connaissance de soi et d'évolution personnelle. Ecoutons Jung à propos du yoga: « Les rapports avec l'objet s'introvertissent et, privés de leur valeur, plongent dans l'inconscient où ils peuvent contracter de nouvelles associations avec d'autres contenus inconscients et, une fois terminé l'exercice, reparaître dans l'objet. Le changement de perspective à l'égard de l'objet donne à ce dernier un nouvel aspect. Il est comme recréé ». Jung met ici l'accent sur les relations du Yoga avec l'inconscient. Redécouvert par Freud pour l'occident, l'inconscient était connu de l'orient depuis de nombreux siècles.

Patanjali dans son approche du Yoga décrit l'existence humaine comme une actualisation continue de l'inconscient (appelé vasanas) par le moyen d'expériences diverses. Pour lui comme pour Freud, l'inconscient est responsable d'un bon nombre de troubles affectant l'humain. Mais l'inconscient du Yoga à la différence de l'inconscient freudien n'est pas lié uniquement à la libido, le Yoga pense qu'il est possible de dépasser les potentialités inconscientes grâce aux exercices d'unification de différents états de conscience.

Le Yoga se fait alors méditatif, le pratiquant concentre son attention sur un objet afin d'obtenir l'apaisement du mental. Il existe huit sortes d'exercices différents composant une voie de développement intérieur progressif: exercices de respiration (pranayama), de méditation assise (dhyana, dont s'est inspiré le bouddhisme), de concentration sur des notions philosophiques, de compréhension des volitions mentales inconscientes et le travail des postures. Mais aussi des exercices permettant l'accès à des états supérieurs de conscience. Il s'agit bien d'une approche holistique: le Yoga est physique, philosophique, psychosomatique et transpersonnel.

Yoga et humanité

Le Yoga a des avantages thérapeutiques considérables: des études scientifiques réalisées par le département de psychiatrie de Copenhague établissent que le Yoga permet d'abaisser le métabolisme, relaxer les muscles, réguler les systèmes respiratoires et endocriniens, amenant un état d'apaisement mental favorable à la santé. Mais aussi il peut ralentir de manière significative les rythmes cérébraux, permettant de la sorte une diminution de la suragitation mentale, cause de nombre de pathologies psychiques.

C'est précisément dans la transformation du rythme cérébral de veille (onde bêta) en rythme cérébral du sommeil (ondes alpha et thêta) - tout en maintenant l'état de veille - que le pratiquant peut accéder à un élargissement de la conscience pure (conscience consciente d'elle-même). Cet état permet au pratiquant de comprendre les mécanismes mis en place par le mental et l'ego, de voir plus clairement le jeu de l'inconscient et d'affiner la connaissance de son individualité.

D'après Jung qui étudia le système des chakras, une grande majorité d'individus concentreraient leur niveau d'activité principalement autour des trois centres inférieurs (agressivité, pulsion sexuelle et égocentrisme). Dans le yoga, le passage des centres inférieurs aux centres supérieurs se nomme « le saut du cœur ». Il suppose la capacité à  « lâcher prise » et une attitude mentale caractérisée par le non-attachement égotiste, la détente intérieure et la lucidité vis-à-vis des événements extérieurs, l'apaisement des tensions engendrées par les frustrations et le développement du sens de la coopération et de l'entraide.

Le cinquième chakra est celui de la créativité: situé au niveau de la gorge, il est le lieu de l'inspiration philosophique et artistique, de la parole et du chant. Le sixième centre est celui de la connaissance intuitive: situé entre les deux sourcils, il est le centre de la vision holistique de soi, la vision des illusions du mental. Le septième et dernier chakra est celui de l'état transpersonnel: situé au sommet du crâne, au-dessus de la fontanelle, il participe à l'unification des cerveaux gauche et droit dans le but du développement total de l'être.

Jung remarqua qu'à travers l'éveil de l'énergie vitale se rassemblaient des niveaux plus profonds de l'être par le mouvement du soi inconscient. Chaque chakra a une influence sur les autres. Les trois premiers centres inférieurs, peuvent freiner l'évolution de l'humain, mais assurent sa survie. Les quatre centres supérieurs tendent à accélérer cette évolution. Le but du yoga est donc, par l'éveil et l'harmonisation de tous nos centres d'énergie, d'élargir la connaissance de soi et d'intégrer de nouveaux schémas de comportement, axés sur la coopération et l'entraide, en toute conscience de notre humanité.