22 août 2007

Le Livre des Morts tibétain

Le Bardo Thödol ou Livre des Morts tibétain est un texte du bouddhisme tibétain décrivant les états de conscience et les perceptions se succédant pendant la période qui s’étend de la mort à la renaissance.

L’ouvrage contient la description des transformations de la conscience et des perceptions au cours des trois états intermédiaires qui se succèdent de la mort à la renaissance, ainsi que des conseils pour échapper aux réincarnations, ou du moins obtenir une meilleure réincarnation.

La premier état, le chikhai bardo ou étape du trépas, suit immédiatement la mort: une lumière extrêmement brillante apparaît qui est la vraie nature de l’esprit; la personne qui la reconnaît et arrive à se fondre avec elle échappera ainsi définitivement aux renaissances. Dans le cas contraire, sa conscience s’estompe totalement pendant sept jours jusqu’à l’étape suivante.
 
En voici un passage, tiré du commencement du chikhai bardo, extrait de Textes Tibétains inédits traduit par Alexandra David-Néel :

As-tu reçu l'enseignement du sage gourou initié au mystère du bardo ? Si tu l'as reçu, rappelle-le à ta mémoire et ne t'en laisse pas distraire par d'autres pensées. Conserve fermement ton esprit lucide. Si tu souffres, ne t'absorbe pas dans la sensation de la souffrance. Si tu éprouves un reposant engourdissement d'esprit, si tu te sens t'enfoncer dans une calme obscurité, un apaisant oubli, ne t'y abandonne pas. Demeure alerte. Les consciences qui ont été connues comme étant (nom du mourant) tendent à se disperser. Retiens-les unies par la force de l'Yid kyi namparshéspa. Tes consciences se séparent de ton corps et vont entrer dans le Bardo. Fais appel à ton énergie pour les voir en franchir le seuil en ta pleine connaissance. La clarté fulgurante de la Lumière sans couleur et vide va, plus rapide que l'éclair, t'apparaître et t'envelopper. Que l'effroi ne te fasse point reculer et perdre conscience. Plonge-toi dans cette lumière. Rejetant toute croyance en un ego, tout attachement à ton illusoire personnalité, dissous son Non-être dans l'Etre et sois libéré. Peu nombreux sont ceux qui, n'ayant pas été capables d'atteindre la Libération au cours de leur vie, l'atteignent à ce moment si fugitif qu'il peut être dit sans durée. Les autres, sous l'effet de l'effroi ressenti comme un choc mortel, perdent connaissance.

 

Pourquoi ce texte aujourd'hui?  Je souhaite que ce qu'il contient soit si vrai que mon père, décédé en début de soirée, se plonge dans cette lumière sans l'ombre d'une hésitation. Lui qui aimait tant l'aventure, et qui vient de quitter son corps de douleur, qu'il n'hésite pas à prendre ce bain de lumière et de libération. Où qu'il aille, je lui souhaite le meilleur.

28 février 2007

Hommage

Aujourd'hui tu aurais eu 61 ans. Née un 28 tu nous as quittés un 28 aussi. Cela fait tout juste deux mois....

J'ai eu beau chercher sur internet, je n'ai pas trouvé ta trace. Cela m'a semblé incroyable et pour tout dire inacceptable. 

Alors j'ai décidé de combler ce manque, et de parler de toi sur la toile.

Parce qu'en dépit de tes états de santé qui te mettaient parfois si mal, si bas, tu étais une sacrée battante! Le yoga à la MJC du Laü, c'est toi qui l'a créé, il y a plus de vingt ans. Tu l'as fait vivre de toutes tes forces. Et tu as enseigné sans faillir jusqu'au bout.

Le yoga c'était presque toute ta vie en dehors de la peinture et des arts. Je sais le soin que tu prenais à préparer tes cours et comme tu étais triste quand tu ne pouvais pas le faire pour raison de santé. Tu as été un excellent professeur, consciencieuse, rigoureuse et aimant ses élèves, jusqu'aux tout derniers jours.

Tu tenais debout pour venir donner tes cours: enseigner le yoga c'était ta colonne vertébrale, ta flamme. C'est ce qui t'a donné la volonté et la force de vivre en dépit de la maladie qui ne t'a pas épargnée durant tellement d'années. Et tu as su nous le transmettre ce feu si fort, et nous donner le goût d'une pratique qui améliore notre existence et nous ouvre aux autres.

A moi tu as donné l'envie de l'enseigner à mon tour, je ne l'aurais jamais imaginé sans toi. J'ai toujours su que notre rencontre n'était pas le fruit du hasard. Nous en avons souvent parlé toi et moi, tu avais ressenti la même chose.

Je suis arrivée dans ton microcosme au moment où tu te disais qu'il est bon de transmettre à quelqu'un, qui reprendra le flambeau, comme tes maîtres te l'avaient enseigné.

Ce fut un immense honneur de te remplacer quand tu étais trop mal pour assurer tes cours. Cela en fut un plus grand encore d'enseigner à tes côtés à la MJC. Cela m'a permis de suivre à mon tour une école de professeur. Et pas n'importe laquelle, celle d'un grand du yoga! Tout cela, c'est grâce à toi.

Tes élèves sont là pour te dire merci, merci du chemin que tu leur as montré. Nous tâcherons de rester à la hauteur de ton enseignement. Tu as élevé ta pratique au rang d'un art, toi qui étais si créative. Nous ferons de notre mieux pour rester fidèles à l'esprit du yoga que tu nous as transmis. 

Tu cherchais la source de toutes les énergies et la sérénité. Tu es en chemin et qui sait, bien capable de leur donner l’envie de faire du yoga là-bas! Un là-bas qui n'est peut-être pas si loin de nous finalement, tant je te sens proche souvent.

Bonne route Françoise.

Isabelle

 

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" En sortant de l’hôpital en ce matin du 28 décembre, je me suis tourné vers le soleil, le soleil d’une belle journée d’hiver.

À cet instant-là, frappé par ta disparition, il me faisait penser à toi: silencieux, présent … sans vagues. Présent … simplement. Énergie … dont tu nous enseignais le yoga.

Tes cours étaient régénérants, chacun un espace, un temps … de calme, apaisant. Une trêve dont je sortais ressourcé, recentré, rapproché … de moi-même, reposé, plus proche de valeurs essentielles.

Tu y partageais une conviction naïve qui, quand on y prêtait attention, l’oreille … ou le cœur, devenait Évidence.

J’ai aimé tes sourires dont je me souviens parfaitement. Ils étaient transparents; ils s’ouvraient sur ton visage et montraient toute ta gentillesse, ta sincérité, ta vulnérabilité.

Merci Françoise "

Antoine